Qu’est-ce que la fièvre aphteuse ?

La fièvre aphteuse est une maladie virale, hautement contagieuse qui entraîne des perdes économiques considérables du bétail.

La maladie touche toutes les espèces d’ongulés à doigts pairs (les bovins et les porcs, ainsi que les ovins, les caprins et d’autres artiodactyles), toutes les espèces de cervidés et d’antilopes, ainsi que les éléphants et les girafes sont sensibles à la fièvre aphteuse.

Dans une population sensible, la morbidité est proche de 100%.

La maladie est rarement fatale chez les animaux adultes mais la mortalité est souvent élevée chez les jeunes en raison de la survenue d’une myocardite ou par défaut d’allaitement si leur mère est atteinte par la maladie.

L’agent pathogène ?

Comme je viens de le dire au départ, l’agent responsable de la fièvre aphteuse est un virus du nom d’aphtovirus de la famille des Picornaviridés. Il existe sept souches (A, O, C, SAT1, SAT2, SAT3, Asia1) dont chacune requiert une souche vaccinale spécifique pour assurer l’immunité d’un animal vacciné.

Des analyses effectuées sur certaines espèces, ont révélé que c’est le stéréotype O qui sévit au Sénégal mais noter que, il peut muter à tout moment.

La fièvre aphteuse est une maladie répertoriée dans la liste des maladies du Code sanitaire pour les animaux terrestres publié par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Comment la maladie se transmet et se propage-t-elle ?

Le virus de la fièvre aphteuse est retrouvé dans toutes les excrétions (matières fécales, urines) et sécrétions (salives, lait, semence) des animaux contaminés, mais aussi les animaux qui ont guéri de l’infection peuvent être porteurs du virus.

C’est-à-dire, ils expirent de grandes quantités de virus sous forme d’aérosol qui peuvent infecter d’autres animaux par les voies respiratoires ou par voie orale.

Et la maladie se propage par les voies suivantes :

  • Introduction de nouveaux animaux transportant le virus dans un troupeau sain
  • Les vecteurs mécaniques (véhicules, matériels d’élevages souillés)
  • les aliments contaminés
  • Dissémination virale par des aérosols transportés par le vent à partir d’une exploitation contaminée.

Quelles sont les manifestations cliniques de cette maladie ?

La fièvre aphteuse se caractérise par une hyperthermie et provoque des lésions nasales, buccales, podales et mammaires qui débutent par des vésicules.

La sévérité des signes cliniques dépend de la souche virale, de l’âge des animaux et de l’espèce touchée.

Les signes cliniques peuvent aller d’une infection discrète à un tableau sévère. Ils sont plus graves chez les bovins et chez les porcs des élevages intensifs que chez les ovins et les caprins.

L’état de santé des jeunes veaux, agneaux, chevreaux et porcelets peut être compromis par le manque de lait chez les mères infectées. Après une contamination par le virus aphteux, la mort peut survenir chez les animaux jeunes, avant même l’apparition des vésicules, si le virus lèse le muscle cardiaque.

Les vésicules guérissent généralement en une semaine environ, mais les répercussions de la maladie sur la croissance ou la production de lait peuvent persister au-delà de la guérison. Les animaux guéris peuvent parfois transporter le virus et être à l’origine de nouveaux foyers de la maladie.

 

Comment  peut-on diagnostiquer la maladie?

La maladie peut être suspectée d’après les signes cliniques ; elle est confirmée par des analyses au laboratoire.

Y’a t-il des moyens de prévention et de contrôle de la fièvre aphteuse ?

Mesures appliquées

La phase initiale de la stratégie globale de lutte contre la fièvre aphteuse comporte des systèmes de détection et d’alerte précoces ainsi que des mesures de prévention prises conformément aux Lignes directrices de l’OIE pour la surveillance de la fièvre aphteuse (Code sanitaire pour les animauxterrestres).

Mesures recommandées au niveau des exploitations :

– contrôle des contacts des personnes et des matériels avec les animaux d’élevage ;

– contrôle de l’introduction des nouveaux animaux dans les élevages existants ;

– respect des règles d’hygiène applicables aux enclos, bâtiments, véhicules et équipements ;

– surveillance et déclaration des cas de maladie ;

– méthode adaptée d’élimination du fumier et des carcasses.

Cependant Les plans d’urgence sanitaire mis en place en cas de foyers identifieront les éléments de la riposte visant à l’éradication, à savoir :

– l’abattage dans des conditions décentes de tous les animaux contacts infectés, guéris et sensibles à la fièvre aphteuse.

– élimination correcte des animaux morts et de tous les produits d’origine animale

– surveillance et traçabilité des animaux d’élevage potentiellement infectés ou exposés ;

– mesures strictes de quarantaine et de contrôle des déplacements des animaux d’élevage, des équipements et des véhicules ;

– désinfection rigoureuse des bâtiments et de tout le matériel contaminé (instruments, voitures, vêtements, etc.)

Il faut noter, dans les pays ou zones endémiques, l’abattage sanitaire partiel peut être complété par la vaccination des animaux sensibles. Les vaccins utilisés doivent protéger spécifiquement contre la souche virale prévalence dans le secteur concerné.

Est-ce qu’il ya un traitement ?

Le traitement est plutôt symptomatique et repose essentiellement sur une bonne couverture d’antibiotique dont le choix est en fonction des signes, souvent des bétalactamines ou des oxytétracyclines.

Un traitement local au spray sur les lésions podales et au bleu de méthylène sur celles buccales et souvent on injecte de la vitamine A pour renforcer les muqueuses et des anti-inflammatoires pour réduire la douleur et l’inflammation.

Réf : www.oie.int/fr/santeanimale

Source image : Dr Diouf koumpentoum, Dr Diagne mbour

Pour

Centres Collaborateurs :

www.oie.int/fr/notre-expertisescientifi

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