L’agriculture représente la principale activité du secteur primaire au Sénégal. Elle constitue un secteur de création de richesse et de réduction de l’insécurité alimentaire, en particulier pour les populations rurales. L’amélioration qualitative et quantitative des productions agricoles est alors un objectif majeur aussi bien pour les agriculteurs que pour l’état. Cependant, les performances de l’agriculture sénégalaise demeurent limitées par sa dépendance à un régime pluviométrique irrégulier. Face à cette situation, l’usage des engrais chimiques pour fertiliser les sols et renforcer les productions agricoles, se présente comme une nécessité.
Malheureusement, le recours à ces types d’engrais n’est pas exempt de conséquences néfastes pour le sol.
Pour favoriser la qualité et la croissance de sa récolte, un agriculteur est aujourd’hui obligé d’utiliser des engrais. Le plus souvent, (sauf pour l’agriculture bio), les engrais utilisés sont les engrais chimiques car étant plus réputés à augmenter le rendement par hectare, beaucoup plus que tout autre engrais. Leur teneur en azote, nitrate et potasse étant très élevée, ils peuvent donc nourrir les plantes jusqu’à leur capacité d’absorption maximum.
Toutefois, la plante n’absorbe pas tous les nutriments produits par l’engrais. Le reste des éléments retourne ainsi dans le sol et peut alors le détériorer. En effet, Les éléments qui ne sont pas absorbés sont néfastes à tout l’écosystème entourant la plante. Ils réduisent la quantité de micro-organismes (bactéries, champignons…) qui sont essentiels à la croissance de la plante dans le sol.
Cette destruction entraîne alors une dépendance aux engrais car, plus le sol est pauvre en matière organique, plus les cultures ont besoin d’apports externes.
En outre, couplé à un mauvais drainage, l’emploi intensif d’engrais chimiques risque la salinisation des zones trop arrosées, provoquant ainsi la stérilisation des sols et leur désertification.
Une autre conséquence qui pourrait même affecter la santé des humains, concerne les nappes phréatiques. Les nappes sont situées seulement à une centaine de mètres de profondeur et sont les principales réserves d’eau que nous consommons.  Elles sont alimentées par l’eau de pluie qui s’infiltre dans le sol. L’eau de pluie emporte avec elle des particules de terre de sels minéraux, d’engrais ou de produits chimiques répandus sur le sol. Ainsi lorsque les terres agricoles sont saturées en engrais, l’eau emporte donc les NKP (azote, potassium et phosphate), qui polluent donc ces réserves en eau, la rendant impropre à la consommation. Ainsi, même les fleuves et rivières, alimentés par les nappes phréatiques, peuvent aussi être pollués.
Dès lors, il appert que même si les engrais chimiques peuvent contribuer à la fertilisation immédiate des sols en boostant la quantité des récoltes; à long terme, les produits chimiques restés dans le sol peuvent conduire à la détérioration, à la dépendance voire à la stérilisation des sols.
Dans cette perspective, il importe de valoriser davantage l’usage des autres types d’engrais tels que les engrais naturels, les engrais verts ou les engrais organiques. Ces engrais ne contiennent pas de molécules chimiques, c’est à dire élaborées de façon industrielle. En plus d’être efficaces, ils ne brûlent pas les végétaux et ne détruisent ni le sol ni l’air. Les engrais verts, d’ailleurs, contribuent au meilleur drainage des sols, limitent l’érosion et améliorent la structure du sol.
Les engrais organiques aussi, constitués de fumiers, permettent d’obtenir d’excellents résultats.
Dans un monde où la protection de l’environnent est l’un des soucis majeurs des gouvernements et des organisations internationales,  repenser l’apport des produits chimiques dans les productions agricoles devient alors une priorité vitale.

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