Sur les couloirs du pavillon Sénégal, les regards angoissants des exposants essaient d’accrocher en vain des clients pour écouler leurs marchandises. Dans leur viseur, que du vide, sinon les quelques vendeurs qui font des va-et- vient épars. L’attraction n’est pas au rendez vous à quelques jours de la fin de la FIARA. Un fait qui exaspère les marchandes de produits locaux. Binta Sow vient de Fatick pour exposer ses produits. Mais ce déplacement est en train de se transformer en des regrets. « Les clients se font rares ici à la FIARA. Parfois, je reste toute la journée sans rien vendre parce qu’il ya maintenant beaucoup de petits marchés au Sénégal », dit-elle d’une voix désolante pour pointer du doigt une des causes d’une FIARA qui manque d’engouement. En effet, ce « grand » événement de l’agriculture et de l’élevage au Sénégal souffre d’une concurrence à l’interne avec une floraison de petites foires dans des quartiers plus peuplés et plus accessibles pour les clients. « Si je viens acheter des marchandises à la FIARA, je suis obligé de calculer également le budget du transport. Et cela me coûte très cher parce que la FIARA est loin de chez moi », nous confie une cliente qui vient de la Médina. Une préoccupation qui est également partagée par Adama Mboup, une exposante de produits locaux : « il faudra penser à délocaliser la FIARA dans des zones où il y a plus de personnes comme à la place de l’obélisque par exemple. Je suis sûr là bas les gens vont venir et acheter ».
La balle est ainsi dans le camp des organisateurs pour ainsi redorer le blason à la FIARA qui a besoin d’oxygéner l’autre poumon qui lui permet de vivre : les clients.

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