Le chercheur Christian Corniaux a souligné à Thiès lors de la journée mondiale du lait la difficulté du lait local à être compétitif face à l’arrivée sur le marché d’une profusion de lait en poudre dégraissé et ré-engraissé avec de la matière grasse végétale, de l’ordre de 30% moins cher, en raison de leur mode de production.


La poudre de lait occupe plus de 90% des importations de lait au Sénégal“, a dit M. Corniaux, du Pôle pastoral et zones sèches de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) qui faisait une présentation sur les enjeux de la consommation de lait local. Une communication préparée par son collègue Djibril Dia, a-t-il dit, lors d’un forum en prélude à la célébration, vendredi à Thiès, de la Journée mondiale du lait.

Parmi la grande variété de laits vendus sur le marché, il y a des laits dégraissés et ré-engraissés avec de la matière grasse végétale, qui viennent pour l’essentiel d’Europe, d’Amérique latine et de Nouvelle Zélande, a précisé M. Corniaux. Ce lait, très consommé au Sénégal, consiste en un lait séché, dont on extrait la crème et le beurre, pour remettre à la place de la matière grasse végétale, tirée souvent de l’huile de palme, a-t-il expliqué.Aujourd’hui, la majeure partie du lait importée est composée de lait ré-engraissé, qui coûte moins cher. L’utilisation à grande échelle de ce procédé de dégraissement ré-engraissement explique l’arrivée sur le marché depuis deux ans, et plus récemment encore, de laits d’une même marque avec des différences de prix de l’ordre de “25 à 30% “.

La question est de savoir comment valoriser le lait local et le positionner dans cette segmentation du marché, a-t-il interrogé, en jugeant que les prix des laits contenant beaucoup moins de protéines – 15% contre une norme de 26% – rendent “impossible” toute concurrence avec le lait local.

 

APS

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