L’agriculture est perçue par beaucoup de spécialistes comme la solution pour lutter contre la mal nutrition. Et ironie du sort, c’est dans les régions où elle n’est pas trop développée que la malnutrition a le plus progressé : l’Afrique au Sud du Sahara et l’Asie méridionale.


Les Pays Bas, l’une des plus grandes puissances agricoles au monde, ont démontré qu’avec une superficie de seulement 41 000 km2, cinq fois moins que le Sénégal, on peut faire des merveilles en développant des cultures très productives. Aucun autre pays au monde ne produit plus de tomates, de piments verts, de poivrons et de concombre à l’hectare que ce petits pays qui a la superficie de la région de Tambacounda. Si les Pays-Bas en sont arrivé là, en devenant l’une des puissances agricoles du monde, c’est parce qu’ils ont su réussir justement là où les pays touchées par la malnutrition ont échoué.

La recherche agricole et l’application efficace de ces dernières en l’adaptant aux conditions climatiques et naturelles, reste le grand défi pour booster la productivité. Si les instituts de recherches à l’image de l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) font de gros progrès en innovant de plus en plus, l’accompagnement de l’Etat et le suivi des agriculteurs fait souvent défaut. Au mois de Mars 2017, l’ISRA a développé par exemple près d’une dizaine de nouvelles variétés d’anacarde dans son centre de recherche de Ziguinchor. Des variétés qui sont de loin de meilleures qualités que les variétés existantes. Une innovation qui peut booster significativement la production et les rendements. Mais il reste à voir l’effectivité sur le terrain.

         

Au Nord du Sénégal, dans la vallée du fleuve, l’ISRA a aussi développer par l’entremise du professeur Madiama Cissé une nouvelle variété de blé dur capable de résister à des températures allant jusqu’à 40 degrés. Il s’y ajoute des délais potentiels de rendement raccourcis. De 4 mois dans les pays européens et américains, ils ne seront que de 3 mois au Sénégal. Les estimations font état de 600 000 tonnes chaque année pour un chiffre d’affaire dépassant les 100 milliards de FCFA, nous renseigne un article publié sur le site de RFI. Il reste à savoir si les populations locales vont faire de la place au blé, eux qui sont habitués à ne cultiver presque que du riz.

L’amélioration de la productivité signifierait logiquement, l’amélioration des revenus et des conditions de vie des agriculteurs qui sont majoritairement en milieu rural. Au même moment, la malnutrition est selon l’UNICEF plus développée en milieu rural. La conclusion est alors sans appel : si les conditions de vie des agriculteurs s’améliorent, il y a de très fortes chances que la malnutrition recule dans les pays africains.

Un autre défi pour lutter contre la mal nutrition en optimisant les productions agricoles est l’autonomisation de la femme. Une étude de la FAO a montré que si les femmes, très peu propriétaires de terre à ce jour dans les pays africains, jouissaient au même titre que les hommes d’un accès à la terre, à la technologie au service financier, à l’éducation et aux marchés, le nombre de personnes souffrant de faim serait réduite de 100 à 150 millions.

La mécanisation du secteur, la maitrise de l’eau, l’amélioration de la qualité de la production restent aussi d’autres challenges qui, relevés, pourraient grandement aider les pays africains et d’Asie du Sud à lutter efficacement contre la faim. Les potentialités en matière agricole de ces derniers sont immenses et elles sont loin d’être exploitées à fond.

Ces enfants souffrants de marasme, de kwashiorkor, qui nous glacent le sang, nous émeuvent fortement, vu leur états affligeant, la plupart condamnée à mourir, pourraient être bientôt conjugués au passé. Cela va sans dire que la solution agricole sera exploité à fond, afin de produire en quantité mais aussi en qualité pour une population en perpétuelle croissance et qui exprimera crescendo et avec avidité ses besoins en alimentation.

 

Diaw Macodou

Plus d'articles Connexes