Il faut de la passion pour faire de l’élevage, mais surtout de la détermination pour être au sommet dans ce secteur. Abou kane tire avec abnégation sur ces deux cordes pour élever avec hardi ses ambitions. Bercé dans la culture poulaar, El Hadj Omar Tall de son vrai nom a l’amour de l’élevage dans ses veines. Et celui des moutons luit dans ses yeux depuis sa tendre enfance puisque ce sont ses parents qui élevaient ces animaux dans le cercle familial. Plus qu’un héritage, c’est une tradition.

Très jeune, son regard ne s’est jamais détourné de l’admiration à l’égard de ces belles bêtes à deux cornes qui ne se séparent généralement pas de la pureté : leur couleur blanche. Alors pourquoi ne pas se lancer avec innocence, curiosité et amour dans leur élevage. L’année 1997 marque ses débuts dans ce secteur. Il démarre seulement avec deux brebis, mais de qualité. Un « toubabir » et un « bali-bali ». Et l’un de ses moutons acquiert une valeur importante à ses yeux puisque c’est sa mère qui le lui a offert. Cette bénédiction aidant, son enclos commence dès lors à se garnir. De même que ses objectifs pour la culture de cette race commencent à éclore. Mais une ardeur vite ralentie par le vol de ces animaux qu’il chérissait tant par leur spécificité que par leur symbolique.

Il a fallu deux ans à Abou Kane, précisément en 1999,  pour comprendre ce dicton toujours utile à méditer :

« Tomber a été inventé pour se relever. Malheur à ceux qui ne tombent jamais ».

C’est ainsi qu’il prend appui sur les bras de sa mère et de son frère pour se remettre debout dans la mesure où ce sont ces deux personnes qui donnent à Abou Kane deux brebis afin qu’il puisse réaliser son rêve. La famille prend tout son sens, les honorer est un devoir qui s’inscrit sur le fronton d’Abou Kane. Il aménage à Mbao pour créer plus tard une bergerie appelée Galoya. De métissage en métissage, il perfectionne les races en étalant son savoir dans ce domaine.  Il commence avec un croisement génétique de « bali-bali » et de « ladoum », une race que peu de personne ose hybrider. Abou Kane le fait en essuyant des critiques de ses collègues qui se transformeront après en des compliments. Aujourd’hui, dans sa bergerie, beaucoup de ses moutons portent sur leurs cous des colliers de récompense décernée  lors des concours organisés au Salon International de l’Elevage.

Aujourd’hui, Abou Kane est le Président de l’Alliance pour le développement et l’amélioration des races (Adam). Au sommet de son art, se dévoile le travail acharné de cet éleveur de moutons depuis son bas âge. On peut lire en 2016 sur les colonnes du quotidien national ses phrases qui résument tout son engagement : « Je me suis beaucoup investi dans l’élevage, au point de négliger parfois ma famille. Je peux donc vous dire que ces résultats sont le fruit d’un travail difficile ». Le hasard n’est pas de ce monde !

Plus d'articles Connexes