Le Sénégal est un pays grouillé de ressources naturelles parmi lesquels des fruits naturels ou « sauvages » de tout genre mais comestibles surtout. A cette catégorie appartient le « Saba Senegalensis » (de son nom scientifique) plus connu ici sous l’appellation de « madd ».


Ce produit qui fait souvent son apparition à Dakar entre mi-mars et fin aout ou septembre provient de la Casamance, de la Gambie, de la Guinée et de la Guinée Bissau. Il est très prisé par les populations, spécialement la gente féminine et en particulier les femmes enceintes, même si des hommes en raffolent également. Ainsi il est très commercialisé et consommé par les populations qui parfois l’utilisent comme remèdes contre la constipation du fait de sa richesse en vitamines C. Toutefois, le « madd » a d’autres facettes cachées.

Pour ceux qui ne le connaissent pas bien, le  « madd » est un fruit de l’été, un fruit « sauvage » car poussant principalement dans des savanes africaines. Il est cultivé comme un arbrisseau.  « Il est composé de graines couverts de pulpe et de jus de couleur jaunâtre ou quelque fois rougeâtre  le tout enveloppé par une sorte de coque. C’est un fruit très sucré pour certains et très acides pour d’autres. L’enveloppe globuleuse a une peau renfermée que l’on peut déguster également », souligne un commerçant.

A l’entendre, le fruit est très apprécié et très riche en vitamine C. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle « beaucoup de personnes aiment le consommer surtout lorsqu’elles ont de la fièvre ». Un autre aspect de ce produit, nous renseigne le commerçant.

Néanmoins, le « madd » est un produit qui se fait rare car à cette période de l’année ceux qui nous le livre, préfèrent s’adonner à l’agriculture, notamment la culture du riz, mais aussi inaccessible à cause de l’insécurité en Casamance », ajoute t-il.

En cela, « il serait intéressant que les industries Sénégalaises songent en sa transformation en vue de le mettre dans des emballages qu’elles vont revendre à la population. En effet cela permettra non seulement aux entreprises d’augmenter leurs chiffres d’affaires et de créer des emplois, en plus ce système va permettre au Sénégal d’éviter de voir ces fruits pourris et jetés », souligne t-il.

Cependant avec le phénomène de l’érosion qui affecte des ressources phylogénétiques en général, beaucoup d’espèces fruitières, dont le « madd » est menacés. Pour juguler cette catastrophe en perspective, l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA), à travers le centre national de recherche forestière a entreprit un programme de domestication de ces espèces. Et des avancées notoires sont enregistrées dans ce processus. Mieux ces progrès commencent à donner leurs résultats. Et grâce à ce projet, « le temps qu’il faut pour la fructification du madd est ramenée de 7 à 2ans », souligne Ibrahima THOMAS, Directeur du centre national de recherche forestière.

Plus d'articles Connexes