Une contrainte majeure à l’élevage des volailles en milieu rural

L’aviculture villageoise est une activité du sous-secteur de l’élevage au Sénégal. Son développement est devenu un élément de stratégie pour la croissance économique et social dans plusieurs pays en  voie de développement. Son essor contribue largement à lutter contre la pauvreté et assurer la sécurité alimentaire. Toutefois il existe de nombreux  facteurs qui freinent cet élevage traditionnel parmi lesquelles la maladie de Newcastle qui occasionne de fortes mortalités.

L’aviculture villageoise ou en milieu rural est avant tout une activité familiale. Elle se fait en petits effectifs individuels très dispersés avec une faible productivité. Malgré des coûts d’intrants et d’investissements faibles, c’est une activité adaptée aux conditions de vie de la population paysanne, donc à leurs besoins alimentaires et socio-économiques. Toutefois, l’essor de l’aviculture est souvent ralenti par un obstacle majeur et récurrent : la maladie de Newcastle.

Le Newcastle est une maladie causée par un paramyxovirus affectant les volailles, et les oiseaux sauvages et domestiques. Elle est caractérisée par une grande variabilité de la mortalité et de la morbidité, des signes cliniques et des lésions. Les poules, les pintades, les perdrix, les cailles et les dindes sont les  espèces les plus sensibles.

Le virus de la maladie de Newcastle circule dans les quatre zones agro climatiques en toute saison. Cette maladie est la bête noire des éleveurs de volailles en milieu rural du fait des pertes énormes qu’elle engendre. Elle affecte d’ailleurs toutes les catégories aviaires.

Les poulaillers sont en général construits suivant le modèle traditionnel même si quelques fois ils peuvent être plus ou moins améliorés. Les normes de densité, d’aération et d’hygiène sont rarement respectées. Les mangeoires sont constituées de vieilles tôles de bois ou de vieilles assiettes et les abreuvoirs de boites de conserve ou de poteries en terre cuite. Cette précarité des conditions d’élevage est un facteur de risque envers les volailles.

La maladie est souvent caractérisée par la torpeur, l’abattement, la cyanose (tomber en désuétude) de la crête. Les troubles digestifs se manifestent souvent par l’anorexie (perte d’appétit) et des diarrhées  et les troubles respiratoires par des halètements, de la dyspnée (gêne respiratoire), des râles du jetage bucco nasale, de la toux. L’incoordination motrice, les tremblements, le torticolis, la paralysie des ailes et des pattes, caractérisent aussi les troubles nerveux. On observe également des signes respiratoires.

Les principales lésions chez les sujets abattus ou morts sont des hémorragies sous forme de pétéchies (très petites taches pourprées) sur la muqueuse du pro ventricule, du gésier et de la paroi intestinale. On note aussi l’accumulation  de secrétions visqueuses dans la cavité buccale et la trachée artère, une laryngite et une trachéite congestive.

La mortalité systématique des volailles entraîne une démotivation et un désintérêt profond des paysans à l’égard de l’élevage de volailles parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’information sur la possibilité de vacciner leurs oiseaux. La maladie sévit aussi bien en saison sèche, qu’en saison pluvieuse.

Il y a une très grande différence entre l’élevage industriel ou les volailles sont en lots du même âge et bien sûr d’une même espèce, élevées dans des locaux qui ont été nettoyés et désinfectés avant leur arrivée. Contrairement à l’élevage en monde rural ou familial dans lequel les volailles sont au sol avec un parcours extérieur qui peut être très vaste, exposé aux risques qui peuvent provoquer diverses  maladies parasitaires comme Le Newcastle. Une meilleure campagne de sensibilisation et une formation des éleveurs du monde rural permettraient certainement de réduire les ravages que fait cette maladie dans les villages.

 

Seynabou Diop.

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