Les performances de l’élevage de bovins au Sénégal se mesurent en partie grâce à la productivité en ce qui concerne la production de viande et de lait. A production de lait constitue un important sous-secteur de l’élevage, car c’est un produit qui occupe une place très importante dans l’alimentation de l’homme. En effet la plupart des aliments que nous consommons sont faits à base de lait. Au Sénégal la productivité laitière est une filière ayant un grand potentiel, mais malheureusement n’est pas exploité convenablement. Ce potentiel se justifie par le fait que le Sénégal est un pays qui dispose d’un énorme cheptel qui aurait pu permettre d’alléger la balance de l’importation du lait ; chose qui serait bénéfique pour le pays sachant que chaque année la facture laitière s’élève à environ 70 milliards FCFA pour le lait importé.

Cette facture extrêmement couteuse est souvent justifiée par le fait que les Sénégalais sont de grands consommateurs de produits laitiers, (lait frais, lait en poudre, lait fermenté, beurre, fromage, crème fraiche, huile de beurre, etc.) mais aussi par le fait que la production laitière qui est déficitaire, ne permet pas d’assurer correctement la consommation d’une population croissante. L’importation de produits laitiers est donc devenue une nécessité nationale pour combler le déficit de la production local de lait. Le lait en poudre est le principal produit laitier importé au Sénégal car la quasi-totalité des besoins en lait des citadins est couvert par ce produit. L’importation du lait en poudre est un facteur qui aggrave le déficit de notre balance du commerce extérieur. A part le lait en poudre, les autres produits laitiers importés se composent essentiellement de beurre, de yaourt, de crème fraiche et de fromage.

Cependant le Sénégal est doté d’un tissu industriel laitier très dynamique. La variété des produits laitiers proposés dans les supermarchés et supérettes confirme ce dynamisme.Ainsi le Sénégal compte trois grandes unités industrielles laitières à base de lait en poudre importé. Il s’agit de SAPROLAIT (Société Africaine des Produits Laitiers), NESTLE et de la SATREC (Société Africaine de Transformation, de Reconditionnement et de Commerce). Il en existe également d’autres telles que Simlait, Baralait, Jaboot etc. La seule unité industrielle de fabrication de produits laitiers à base de lait local se trouve à Richard Toll. Il s’agit de la Laiterie Du Berger (LDB) crée par un jeune vétérinaire sénégalais avec l’appui de la multinationale DANONE. Cette laiterie produit des laits fermentés (yaourt) à partir de lait local collecté sur un rayon de 50 km. C’est d’ailleurs la LDB qui commercialise la marque DOLIMA.
Ainsi, malgré le gros cheptel dont dispose le Sénégal (environ trois millions de bovins dont un million dont un million de laitières), le potentiel de production de lait du Sénégal est très intéressant mais n’arrive pas à faire face au phénomène de l’importation. Cela est dû au fait que la production laitière fait face à de nombreuses contraintes car elle ne souffre pas du seul déficit structurel de la production. En effet la filière lait, dans son ensemble, est mal organisée et se trouve confrontée à de nombreuses difficultés liées à la collecte, à la conservation et la transformation du produit. Pourquoi La collecte du lait est mal organisée?… d’abord parce que les circuits sont souvent courts et les systèmes organisés assez rares, et de plus dans le système traditionnel, les producteurs sont situés en zone rurale; Une partie des troupeaux est en transhumance plus ou moins lointaine alors que la transhumance en tant que méthode d’élevage est incompatible avec une production importante de lait.A cela s’ajoutent d’autres facteurs limitants que sont: la dispersion des campements d’éleveurs; les faibles quantités de lait à collecter du fait des difficultés de conservation; la chaleur qui altère vite le lait sans oublier l’impraticabilité des pistes de production. Ainsi donc les actions de collecte de lait et de valorisation voire d’industrialisation sont difficiles d’autant plus que la production laitière est saisonnière. Les quantités de lait produites sont plus importantes pendant la saison des pluies où l’herbe est plus abondante. De ce fait l’alimentation insuffisante des laitières surtout pendant la saison sèche est un réel problème car une femelle mal nourrie, quel que soit son potentiel génétique, ne sera jamais une bonne laitière.

 

Tous ces facteurs font défaut à ce sous-secteur de l’élevage d’autant plus que la position du lait local ne stagne que dans certaines zones ce qui cause par conséquent que la région de Dakar, du fait de sa forte pression démographique et de l’urbanisation, n’est pas suffisamment approvisionné en lait, d’où le recours massif aux importations de produits laitiers. Toutefois certaines fermes qui sont implantés dans la zone des Niayes ou à l’intérieur du pays essaient d’approvisionner la ville de Dakar en lait local. Parmi ces fermes on peut citer, entre autres, la ferme de Wayémbam, la ferme de Niacourab, la ferme de Pout, la ferme de Sangalkam.
La productivité du lait locale est donc confrontée à des contraintes réelles, notamment la faiblesse de la production, des coûts de production élevées, des difficultés de conservation et transport des prix très peu compétitifs mais aussi la faiblesse du pouvoir d’achat des consommateurs. Par ailleurs, s’il était possible de collecter tout le lait produit dans les différents bassins d’élevage, on serait très proche de l’autosuffisance en lait, car en réalité le Sénégal importe autant de lait qu’il n’en produit mais son marché est dominé par les produits importés, notamment le lait en poudre et le lait stérilisé. Cependant, le secteur laitier occupe une place prépondérante sur le double plan de l’alimentation des sénégalais et de l’économie nationale d’où l’importance de revaloriser la production et la consommation locale.

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