L’activité halieutique figure en première place dans le secteur primaire au Sénégal. L’une des filières qui participe le plus sur l’économie nationale. Le fleuve sénégalais est rempli de poissons de toutes espèces, ce qui fait d’ailleurs de ce pays la partie la plus poissonneuse au monde. Toutefois, les sénégalais sont confrontés à des problèmes de consommation dus à la rareté mais surtout à la cherté des poissons dans les marchés.


La production halieutique est l’exploitation des ressources vivantes aquatiques. Elle regroupe les différentes modes d’exploitation et de gestion (pêche, aquaculture) des espèces vivantes (végétales ou animales). Les eaux sénégalaises, notamment celles qui bordent la presqu’île du Cap-Vert, sont parmi les plus poissonneuses dans le monde en raison d’un phénomène appelé « upwelling » qui signifie la remontée d’eaux froides, riches en sels nutritifs. Ces conditions favorables, la position géographique du Sénégal et ces 700 km de côtes maritimes expliquent sans doute que la pêche y soit une activité ancienne. Avec un taux de captures annuelles de 450 000 tonnes par an, le Sénégal est le deuxième pays producteur de la sous-région, derrière le Nigéria (530 000 t), suivi de près par le Ghana (344 000 t). Les débarquements ont connu, en fin avril 2016, une hausse de 15 824 tonnes, durant les quatre premiers mois de l’année, comparé à la même période en 2015 (source : DPEE, Direction de la Prévision et des Etudes Economiques). La filière est aussi une importante source d’emplois dans le pays. On estime que 15% de la population active du territoire est salariée dans ce secteur. De plus, la filière pêche contribue aussi aux recettes de l’Etat à travers les divers accords et licences de pêche. En 2016, la pêche a été le secteur qui exporte le plus de produits vers l’étranger pour le Sénégal, avec des recettes de 204,43 milliards de francs CFA, soit 14,63% des recettes d’exportation globale du pays (source APS).

Les sénégalais sont de grands consommateurs de produits halieutiques puisque ces derniers entrent dans la composition de nombreux plats et particulièrement dans celle du plat national : le « thiéebu jën » (riz au poisson). Mais, la rareté du poisson constitue un véritable problème pour les consommateurs qui payent très cher pour en avoir. Selon certains sénégalais interrogés, cela est dû au changement climatique qui empêche les pêcheurs d’aller en haute mer. A cela, s’ajoute le problème des licences de pêche qui sont à l’origine de nombreux conflits entre les Etats voisins comme la Mauritanie. Récemment, des pêcheurs sénégalais ont été attaqués par des gardes cote Mauritanien. Les sénégalais accusent aussi l’Etat d’importer des poissons à l’étranger alors que la consommation locale n’est pas satisfaite.

A Soumbédioune, l’un des marchés qui approvisionne le plus de poisson dans la capitale, l’affluence est au rendez vous. A 17h, l’heure à laquelle beaucoup de femmes viennent dans ce lieu pour se ravitailler en poisson, le marchandage entre vendeurs et clients rythme l’ambiance dans cette zone qui borde la mer à la corniche ouest de Dakar. Trouvée près d’un étale en train de marchander, Aïssatou ne cache pas son avis quant au prix très conséquent des poissons qui sont vendus à Soumbédioune  « les poissons sont très cher, j’ai fait presque le tour du marché, jusqu’à présent, je n’ai rien trouvé. Auparavant, avec vingt mille francs, je pouvais avoir beaucoup de poissons mais, aujourd’hui, il faut avoir au moins cinquante mille francs. Vraiment on ne sait pas quoi faire », se désole-t-elle.

 Du côté des revendeurs, cette situation ne facilite guère leur commerce. Selon Awa Ndiaye, une jeune vendeuse de poissons avec une taille très svelte, « acheter et revendre à des prix excessifs n’est pas notre objectif, parce que les prix chers font fuir les clients et cela ne nous arrange pas », déclare-t-elle.

Non loin, un groupe de pécheur, parmi eux un homme, Babacar Ndoye, la quarantaine,  de taille moyenne, vêtu d’une combinaison verte. Il nous confie : « c’est vrai que la mer regorge de poisson, mais nous sommes toujours confrontés à des problèmes climatiques lier au vent. C’est pourquoi on fait souvent des captures moyennes. Donc, on est obligé de vendre à des prix élevés, ce qui aura un impact sur les revendeurs ».

L’Etat du Sénégal doit mettre les moyens nécessaires pour améliorer le secteur de la pêche, avec surtout la limitation des accords de peche attribués à des étrangers. Cela pour  permettre le repos biologique des espèces marines pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques.  De surcroit, les pécheurs sénégalais doivent avoir la possibilité de pêcher hors de nos frontières pour satisfaire l’approvisionnement locale.

 

NDEYE M. MAMY NIANG

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