Le Sénégal a mis en place le Programme National d’Autosuffisance en Riz (Pnar) vers l’horizon 2018. L’atteinte de cet objectif passe nécessairement par la riziculture pluviale qui occupe une place importante dans ce programme. Mais, cette pratique culturale est toujours en marge de la modernité, son principal problème pour rendre plus efficiente la production du riz au Sénégal.

 La riziculture a une importance capitale dans la région sud du Sénégal. Au niveau social comme  alimentaire, elle est une aubaine économique qui permet à plusieurs habitants, particulièrement les femmes, de subvenir à leurs besoins. Le potentiel des terres cultivables dans cette zone est énorme. Il tournerait sur un rendement qui peut atteindre 100 000 tonnes de riz par année selon la Division de l’Analyse, de la prévision, et des Statistiques Agricoles (DAPSA). Mais, la production annuelle atteint difficilement la barre des 40 000 tonnes par an. Les causes de ce déficit de rendement en riz sont à chercher sur les problèmes de modernisation surtout avec une mécanisation de cette filière qui est inadéquate à l’ère du temps.

 La houe, la daba ou le Kadiandou selon l’appellation qu’on lui donne dans cette zone, des matériels de culture aussi moyennageux que difficiles à manier, sont toujours les moyens techniques qu’utilisent encore ces braves femmes de la Casamance qui s’adonnent généralement à ce  métier. Les dépenses d’énergie considérables quant à l’utilisation de ces instruments dans les champs sont loin de booster les rendements en riz. Au contraire, ce problème de mécanisation est un écueil qui oblige à ces femmes de cultiver qu’une infirme partie des terres rizicultivables. À cela s’ajoute que cette riziculture dépend de la pluie, à la différence de la riziculture irriguée comme dans la vallée du fleuve Sénégal. Par conséquent, elle peine à prendre son envol dans ce pays.

Néanmoins, des efforts et des financements ont été réunis pour  le développement de la pratique de la riziculture dans le bas fond du pays. C’est le cas du Programme National D’accélération de la Cadence de l’Agriculture (PRACAS) où l’État sénégalais a prévu 40% de la production attendue cette année (2017) devant provenir des zones où la culture pluviale se développe le plus  telles que Sedhiou, Kolda, Ziguinchor entre autres selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Le Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR) entre aussi  dans le cadre de l’amélioration de la culture du riz pluvial dans le bas fond du pays. Car, ce programme  encourage les producteurs à travers des matériaux que l’État octroie à ces derniers.

En outre, l’État sénégalais doit réunir des moyens techniques plus sophistiqués pour développer la riziculture pluviale dans le bas fond du pays. Autrement dit, il doit accompagner l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) à mettre  un paquet technique qui va rehausser le niveau de satisfaction des besoins en riz dans ce pays.

Mais également, il faudra que  les autorités étatiques appuient les producteurs pour que les prestations de services  de la riziculture pluviale soit développées afin d’améliorer une bonne partie de la  production destinée à l’autoconsommation . La Société de Développement Agricole et Industriel (SODAGRI)  est ainsi interpellée dans cette campagne de  modernisation de la riziculture pluviale, car l’État doit renforcer cette structure pour accompagner les producteurs qui ont déjà acquis des expériences  dans le domaine.

Fatou Mballé Cissé

 

 

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