Chaque année au Sénégal, 40 000 hectares de forêts disparaissent du fait de l’avancée du désert. Au Sahel, la sécheresse est la première cause de pauvreté des habitants, dans une zone ou autrefois, la terre était fertile. Agriculture inadaptée, déforestation intensive, herbage animalier, c’est un combat quotidien que mènent les habitants du Sahel pour leur survie.

C’est en 2002 que fut lancé le projet Beer Shéba, à l’initiative d’Eric et Heesuk Toumieux, membres de l’organisation Wycliffe, qui promeut l’accès des peuples chrétiens à la formation et aux livres bibliques dans leur langue natale ainsi que dans leur culture. Frappés par la pauvreté des chrétiens du Sahel, ils développent le projet Beer Shéba en coopération avec le pasteur Jokel.

L’objectif de Beer Sheba : “Associer un programme d’agro-foresterie durable conjointement avec une formation globale et un centre de ressources agricoles pour jeunes fermiers Sénégalais”.

Après l’obtention de 100 hectares de terrain dans un endroit très aride, le projet voit concrètement le jour. Par la suite, les arbres ont repris vie à l’aide de techniques agricoles écologiques comme la régénération naturelle assistée. Chaque année, les églises voisines envoient de jeunes fermiers sénégalais pour se former spirituellement et durablement au sein du programme de Beer Shéba. Ils y apprennent surtout des techniques agricoles viables pour subvenir à leurs besoins, tout en liant davantage la spiritualité et le développement durable.

Le projet Beer Shéba s’articule autour de quatre grands thèmes :

– Créer un refuge au cœur d’une région aride du Sahel : Le refuge permet à nouveau d’observer et d’étudier la faune et la flore locale qui a disparu de la région. Aujourd’hui, on y étudie 180 espèces d’oiseaux, dont près de dix milles tourterelles des bois. Quant aux espèces d’arbres dans la zone, elles sont passées de 6 à 65. D’autres animaux sont revenus dans cet écosystème, comme des singes ou des crocodiles.

– Développer un programme de formation : C’est un programme d’un an dédié à l’agriculture et l’étude de la bible. Les fermiers sont encouragés à s’écouter et apprendre les uns des autres. On les incite devenir des personnalités influentes dans leurs communautés.

– Miser sur la recherche et le développement : L’équipe expérimente des techniques variées d’agriculture à petite échelle et travaille pour développer des systèmes agricoles autant productifs qu’adaptés à l’écosystème local.

– Vendre des produits issus d’un process durable : Charbon, viande, moringa, c’est ce que propose la boutique en ligne de Beer Shéba.

En 15 ans d’activité, le Projet Beer Shéba, c’est 97 stagiaires formés, plus de 60 espèces d’arbres, et 100 hectares restaurés !

Plus d'articles Connexes