La filière avicole connait une évolution fulgurante au Sénégal. D’après les derniers chiffres de l’Agence Nationale de le Démographie et de la Statistique(ANSD) tirés du recensement de 2013, les effectifs du secteur avicole ont connu une hausse de 8,09% par rapport aux années précédentes. Un regain de dynamisme qui est en corrélation avec l’interdiction de l’importation de volailles mise en vigueur par le gouvernement sénégalais depuis 2006.

Une embellie certes dans ce secteur, mais qui est loin d’exprimer tout le potentiel de la filière avicole qui souffre d’une diversité parmi les espèces animales qui sont élevées dans ce pays. L’élevage des volailles se résume généralement à celui des poulets traditionnels et surtout industriels. Les espèces animales comme les canards ou bien les oies sont moins valorisées. Plusieurs éleveurs mais un seul élevage, un tel constat ne peut que constituer un frein dans ce secteur qui a un impact économique énorme.

Et pourtant les avantages pour rompre avec le mono élevage sont cruciaux pour les exploiteurs. D’abord, la diversification permet aux éleveurs de varier leurs revenus afin d’assurer plus de stabilité financière à l’exploitation. Car, plus la gamme de produits est diversifiée, plus elle devient de plus en plus importante pour les clients. Ensuite, pour une meilleure gestion de la ferme, une complémentarité des élevages s’avère importante. D’une part, pour l’alimentation parce que les espèces ne consomment pas la même chose, d’autre part l’élevage des espèces comme les canards est un moyen biologique pour lutter contre certains nuisibles.

Une complémentarité entre les élevages est plus que nécessaire pour développer le secteur avicole. Les conditions météorologiques ne constituent pas d’obstacle à la diversité des espèces animales. La valorisation des autres volailles outre que les poulets peut permettre d’augmenter les effectifs des volailles traditionnels au Sénégal. De 2006 à 2013, le poids de la volaille traditionnelle dans la filière avicole est passé de 74,6% à 49,6% d’après l’ANSD. Une baisse dans ce secteur dont les causes sont à trouver dans cet élevage non diversifié.

Dans les estimations du Plan Sénégal Emergent (PSE), le gouvernement sénégalais mise sur une contribution de la filière aviculture à hauteur de 33% en 2017, contre 30% en 2012 dans l’offre de viande au Sénégal. Un souhait réalisable mais qui nécessite une adaptation aux évolutions de l’élevage par la diversification dans le secteur avicole.

Auteur : Alioune Sarr

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