Dans une dynamique d’améliorer la performance des animaux afin d’obtenir des bêtes de meilleures qualités avec une augmentation de la production laitière, la S.C.A, stratégie de croissance accélérée, a été élaborée par l’État du Sénégal. Des associations comme l’A.N.P.L, association national pour l’intensification de la production laitière, accompagnent cette initiative. Plusieurs moyens ont été déployés pour remédier à la faible croissance des animaux. Ce phénomène, lié essentiellement à leur faible niveau génétique, implique la nécessité d’importer des animaux de l’extérieur, dans le but  d’effectuer une insémination artificielle avec les animaux locaux.


La faible performance des animaux locaux est un problème important voir capital dans le secteur de l’élevage au Sénégal. Dans un souci de rentabilité et d’amélioration de la productivité des animaux, trois(3) conditions ont été établies pour obtenir une croissance accélérée :

Les conditions d’habitat qui sont le fait de construire des étables correctes. Ensuite, les conditions d’alimentation qui permettront aux vaches de produire suffisamment de lait. Et enfin, les conditions sanitaires afin de pouvoir les soigner. Il faut  aussi assurer une bonne reproduction car les vaches laitières doivent mettre bas chaque année.

En effet, plusieurs stratégies peuvent être adoptées pour améliorer le niveau génétique des animaux comme importer des bêtes laitières, inséminer des vaches locales ou améliorer les conditions de vie des vaches locales pour qu’ elles puissent produire plus de lait.

Au Sénégal, l’Etat a choisi d’importer des vaches laitières. Il y a de cela quatre (4) mois, le ministère de l’élevage a fait venir mille (1000) vaches de la France afin d’augmenter la production en lait.

Cependant, il faut que ce processus rime avec un accompagnement rigoureux et une certaine préparation de la part de l’Etat  et des acteurs du secteur. C’est pour règlementer la vente du lait au Sénégal. Celle-ci va répondre aux conditions d’hygiène et à la mise en œuvre de moyens techniques et financiers pour une bonne transformation et une meilleure commercialisation du lait. Ce processus nécessite l’implication des vétérinaires qualifiés qui seront chargés de soigner et de suivre régulièrement les bêtes.

L’importation des bêtes requiert alors un élevage particulier puisque ce sont des animaux de production et donc ils n’ont pas l’habitude de parcourir une longue distance. Car ils ne supportent pas la fatigue contrairement à nos animaux locaux qui vont presque tous les jours au pâturage. Pour que  ces bêtes puissent donner vingt(20) litres de lait par jour, il faut incontestablement une alimentation de qualité, les placer  dans des conditions favorables pour qu’elles puissent exprimer leurs potentiels.

D’après le Docteur  vétérinaire Charles Dieng du quartier Keur Mbaye Fall, dans la banlieue de Pikine, «cet élevage n’est pas accessible à toutes les bourses car les bêtes mangent quinze (15) kg d’aliment  par  jour et les éleveurs peulhs n’ont pas les moyens de pratiquer ce genre d’élevage. Du coup, c’est exclusivement réserver aux fonctionnaires communément appelés «les éleveurs du dimanche ». Il ajoute que « le plus judicieux est de faire une insémination artificielle sur les vaches afin d’obtenir des races métisses qui peuvent produire plus que les bêtes locales et qui seront à mesure de s’adapter à nos conditions d’élevage».

La croissance accélérée des animaux  locaux s’avère un problème  important dans le secteur de l’élevage au Sénégal. Mais force est reconnaitre que divers moyens techniques et financiers ont été créés par l’Etat sénégalais pour faire face au faible niveau génétique des bêtes, même si cela est souvent voué à l’échec par faute d’accompagnement et de suivi.

SEYNABOU DIOP

(Stagiaire)

 

 

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