«La meilleure façon de trouver l’emploi c’est de le créer vous même» dixit Thione NIANG. Cette assertion est bel bien comprise par Mamadou Baldé. A peine âgé de 31 ans, le jeune homme se lance dans l’aviculture il y a de cela un an. Aujourd’hui il exerce ce métier avec beaucoup de sacerdoce et d’abnégation. Mamadou Baldé tire son épingle du jeu grâce à la passion qui l’anime. Ce natif du village de Ndiakhirate,   dans la commune de Sangalkam,  plus connu par ses proches sous le nom de Papis, tient sa ferme avicole à deux kilomètres de son village natal.

Sous un soleil  de plomb, en cette  après midi du mercredi 27 octobre, les populations de Ndiakhirate vaquent tranquillement à leurs occupations. Dans un bureau qui jouxte la route qui mène vers lac rose, les mouvements de vas et viens incessants ne désemplissent pas. Ce sont  les locataires ou les propriétaires des terrains qui envahissent le lieu de travail de Mamadou Balde. Son métier est une véritable course contre la montre et son agence immobilière, bien connue par les populations de Ndiakhirate et de ses environs.

Jeune et assez trapu au premier regard, on l’impression que Papis ne connait pas grand chose dans  l’entrepreneuriat, il se sépare rarement de ses poules pondeuses malgré la distance. Investi dans ce créneau porteur, la ferme avicole est devenu son quotidien, il n’a pas droit au repos. C’est une vie entièrement consacrée à l’élevage. C’est en septembre 2016, que Papis Balde se lance dans l’aventure de l’aviculture, encore novice dans ce métier qui est bien prisé  des sénégalais.

« Notre village est devenu un noyau incontournable dans le secteur avicole. Beaucoup de jeunes investissent dans ce domaine » confie t-il car beaucoup de jeunes arrivent à trouver leur  gagne pain dans ce secteur bien convoité. Selon lui, le  business des œufs prospère bien dans ces contrées.

La commercialisation des œufs

A en croire Papis, les tablettes d’œufs sont revendus à 1700 francs CFA pour les détaillants. Chaque jour 24 emballages sont récoltés sur les 1000 poules pondeuses qui se trouvent dans la ferme. « Aujourd’hui le business est en pleine expansion dans la mesure où certaines personnes comme moi ont pu acheter des terrains et se construire des maisons », avoue le jeune entrepreneur.

L’investissement

En binôme avec son grand  frère, les jeunes Baldé ont investi une dizaine de millions dans cette ferme avicole.

« Rien que pour la construction du ferme, nous avons dépensé 4 à 5 millions », renchérit Mamoudou Baldé. Pour l’alimentation, les dix jours, nous dépensons 250.000 francs CFA sans compter les produits de vaccination.

Notre stock d’œufs actuellement contient 300 tablettes non commercialisées, l’écoulement est parfois très dure, les clients peuvent se fait rare.

L’entretien des locaux des poules pondeuses

Ici le constat est amer. Qui parle d’élevage de volailles parle forcément de l’entretien du poulailler. Une réalité que vit ce jeune gardien trouvé à la ferme de la famille Baldé. Agé de 25 ans, il se confie à nos micros. Tous les six jours, il faut obligatoirement vacciner  les mille poulets qui se trouvent dans la ferme. Pour accéder dans la poulailler, il te faut un sésame, à savoir des paires de chaussures bien posées devant la portail d’entrée, une mesure de prévention contre les pandémies qui affectent les poules. C’est ainsi que chaque matin les abreuvoirs sont rigoureusement nettoyés avec les détergents pour rendre propre. Dans cette même vaine, les médicaments en vitamine Tetracolivit et Introvit A + ws sont inclus dans les abreuvoirs.

 Concurrence déloyale, Sedima un leader qui règne  dans le marché sans partage.

Si la concurrence existe dans tous les métiers du monde, le secteur avicole en est une parfaite illustration. « La Sedima qui a le monopole du marché est un grand fournisseur qui  n’a pas le sens du partage, il accapare tout « , avertit  Mamoudou Balde. Poursuivant dans le même sillage, Papis laisse entendre que « la Sedima devrait juste se limiter a certaines activités et laisser aussi la place aux autres acteurs. »

Au marché castor, même son de cloche, en ce début de matinée du vendredi  29 octobre, c’est l’effervescence à la veille de la fête de Tamkharit. Un jeune homme assis, casquette sur la tête, exerce le métier de vendeur de tablette d’œufs depuis belle lurette. Lui, c’est Amadou Coulibaly, originaire de Banadji dans le Fouta. Il avoue qu’il trouve bien son compte dans ce métier. Loin de son fouta natal, Amadou considère qu’il ya pas de sot métier, il faut juste travail pour gagnr son pain à la sueur de son front. Il ajoute : «nous achetons les plateaux d’œufs à 1800CFA et nous les revendons à 2000 francs CFA aux clients ».

Non loin de lui, un autre jeune Saloum Saloum, répondant au nom de Pape Yade, s’active aussi dans la vente des œufs de poule. Après avoir abandonné l’école en classe de 4ème au collège, il quitte sa ville natale, Touba, et atterrit à Dakar, capitale Sénégalaise, pour faire du business .Le choix de ce métier n’était pas du tout un hasard : « Je venais passer mes vacances à Dakar, c’est pour cela que je me suis lancé dans ce business. Cela fait trois ans  que je travaille dans ce domaine, je remercie Dieu car je gagne bien ma vie », réagit Pape Yade. Toutefois Pape Yade avoue que, comme dans tous les secteurs professionnels, celui des vendeurs d’œufs fait aussi face à beaucoup de problèmes

La Vente de tablettes d’œufs, jadis reléguée au second plan dans le secteur professionnel, gagne aujourd’hui de plus en plus du terrain. Des grandes fermes avicoles de Sangalkam en passant par le marché Castor jusqu’au consommateur local, chacun trouve son compte dans ce business  en pleine expansion.

 

Djibirou MBAYE & Adja NDIAYE

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