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Les peuplements de palmier à huile, estimés à 50 000 hectares, sont essentiellement localisés sur les rives du fleuve Casamance, dans le sud du pays.Le palmier à huile est très répandu en Basse et Moyenne Casamance, soit à l’état isolé, soit en bouquets assez serrés. Ce palmier se reproduit partout, dans les peuplements forestiers fermés et dans la savane secondaire, à la limite des zones marécageuses, le long des vallées des cours d’eau pérennes, et à l’abri des dunes littorales. Le vif intérêt porté au palmier à huile par les populations locales, pour les fruits (huiles et noix) et le vin, expliquent sa présence à proximité des villages et son extension dans les terrains de cultures.
La récolte de l’huile et du vin de palme sont des activités agricoles qui ont fait la réputation de la Casamance. Pendant la saison sèche, les hommes récoltent les fruits et la sève des nombreux palmiers à huile, “kabekel” en Diola, et les femmes préparent l’huile et le vin de palme. Les fruits du palmier servent à fabriquer l’huile de palme utilisée en cuisine. Les grappes mûres, égrenées, sont mises à sécher quelques jours. Puis les femmes pilent les fruits dans un mortier : la bouillie obtenue est mise à bouillir jusqu’à ce que l’huile ne monte plus à la surface. Ce condiment, très apprécié, est conservé avec soin et sert à enrichir le riz habituel les jours de fête. L’amande contenue dans le noyau du fruit est aussi écrasée et bouillie pour en extraire l’huile.
Le vin de palme est obtenu après fermentation de la sève du palmier à huile. La sève est recueillie dans des bouteilles placées sous des entailles faites au couteau. Deux fois par jour, les bouteilles pleines sont remplacées par le récolteur qui grimpe en haut du palmier à l’aide d’une corde passée autour du tronc et de sa taille. La sève fraîchement récoltée est désaltérante. Une fois fermentée elle s’alcoolise et devient le célèbre vin de palme appelé “bunuk”. Le bunuk, 300.000 litres sont produits chaque année, est la boisson traditionnelle des Diolas qu’ils boivent en groupe.
Il est intéressant de noter que l’utilisation traditionnelle de l’huile de palme en Afrique a conduit à ce qu’elle soit décrite comme «une classique espèce à usages multiples, contrairement à la contrepartie de plantation qui se concentre uniquement sur l’huile de palme et de palmiste ».
En 2004, le Président de la République a instruit le Ministère ayant en charge la recherche scientifique de conduire une phase-pilote du projet de Recherche Développement sur le Palmier à Huile « afin de fournir les référentiels techniques en vue d’une production agro-industrielle ».
Un des objectifs du projet était « le développement et l’amélioration de rendements de palmiers sélectionnés dans les zones favorables du Sénégal, en vue d’une exploitation industrielle ». Dans la zone Sud, des parcelles d’essais de palmiers à huile (variété Ténéra, seraient installées à Teubi, Badiana, Fanda, Dialang, Boukitingho et dans la zone Nord à Keur Momar SARR, Syer, Guidick, Lompoul et Sanghé.
Un objectif spécifique du projet était d’emblaver annuellement sur le territoire national au moins 5000 ha de palmiers à huile, dans les régions de Ziguinchor, Kolda, Sédhiou, Thiès et Louga. Malheureusement, il n’a pas été possible d’accéder à des informations sur la mise en œuvre de ce projet et sur ses résultats.
Toutefois, l’introduction de la variété Ténéra, la plus utilisée dans les grandes plantations commerciales, a été également favorisée par d’autres organisations. Un des exemples de la plantation de palmiers ténéra a eu lieu dans la zone des « Kalounayes », grâce à un partenariat entre la communauté rurale, les « Kalounayes » développement économique et social (Kdes), l’organisme non gouvernemental Acra de Ziguinchor et le Fonds mondial pour l’environnement.
Un autre exemple est le programme de reboisement du palmier à huile en variété “hâtive” (lire Ténéra) dans la vallée de Kindakame dans la région de Sédhiou. Ce programme est financé par la coopération autrichienne et par le biais du Projet d’initiative locale pour la sécurité alimentaire (Pilsa)
Le fait que de grandes plantations ne se soient pas développées au Sénégal peut être partiellement expliqué par l’existence d’un mouvement armé indépendantiste en Casamance, la région la plus appropriée pour cette culture. Mais le fait demeure que le puissant lobby de l’huile d’arachide, qui domine le marché intérieur des huiles, pourrait également faire partie de l’explication.
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