Le professeur Bhen Sikina Toguebaye, membre de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS), a souhaité mercredi une "réorientation" de l’enseignement des sciences agricoles dans les universités africaines, pour une meilleure prise en compte des défis actuels.
 
’’Les systèmes d’enseignement des sciences agricoles sont pour la plupart du temps très déconnectés des enjeux du moment, dans les universités africaines’’, a souligné M. Toguebaye.
 
Il introduisait une conférence des ’’Doctoriales’’ 2019 de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar, sur le thème : "L’Université face aux défis de la sécurité alimentaire en Afrique’’.
 
Cette rencontre scientifique de deux jours est organisée par l’École doctorale des sciences de la vie, de la santé et de l’environnement (ED-SEV) de l’UCAD.
 
Ces ’’doctoriales’’ portent sur la biologie, la production, les pathologies animales, la biologie, la physiologie et les pathologies végétales.
 
Elles devraient constituer une opportunité pour présenter les résultats de recherche et permettre aux acteurs du monde socioéconomique et aux collectivités d’interagir, a-t-on appris des organisateurs.
 
Selon le professeur Toguebaye, la ’’réorientation’’ des programmes d’enseignement en matière agricole devrait passer par ’’l’introduction de nouveaux cursus relatifs notamment à l’agrobusiness, à l’entrepreneuriat agricole, à l’agro-écologie, pour ainsi s’assurer d’une transition de l’agriculture vers des pratiques plus durables’’.
 
’’Les pressions sur les ressources naturelles, le changement climatique et la maîtrise des sols sont quelques-unes des menaces à la sécurité alimentaire en Afrique’’, a souligné le conférencier.
 
Pour venir à bout de ces menaces, les universités doivent se lancer, selon Bhen Sikina Toguebaye, dans une ’’recherche permanente’’, face à des domaines évolutifs : l’écologie, l’environnement, etc.
 
Selon le conférencier, l’application de la recherche dans l’agriculture appelle nécessairement à s’intéresser à la robotique, à l’impression 3D, aux drones, dans le but d’améliorer la productivité et de réduire les pertes alimentaires lors de la production et du stockage.
 
’’L’Université, à travers ses missions de recherche, peut aider à disposer d’une agriculture moderne productive, qui aura comme soubassement la science et la technologie, mais aussi les savoirs autochtones’’, propose M. Toguebaye.
 
Il a rappelé par ailleurs la nécessité de créer ’’des écosystèmes devant permettre aux talents biens formés de s’épanouir et de limiter la fuite de cerveaux’’.
 
La sécurité alimentaire étant un ’’des grands enjeux’’ de développement des pays africains, le professeur Bhen Sikina Toguebaye a insisté sur la nécessité d’accroître le financement des activités agricoles, à travers notamment des banques spécialisées et une assurance conséquente des produits agricoles.

 

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