L’entrepreneuriat agricole de nos jours semble être le nouvel eldorado des jeunes, beaucoup se ruent dans cette activité qui jusque là était appropriée aux paysans. Et cela suscite de nombreuses questions sur les réelles motivations de ces jeunes. Pour trouver des réponses à ces questions, nous sommes allés à la rencontre de Mamadou BASSE, directeur du projet agricole EXODUS FINSEN. 

 

Mamadou Basse, entrepreneur sénégalais et diplômé en gestion comptabilité, est un de ces rares jeunes à prendre conscience que le salut d’une économie prospère du pays passe par l’agriculture. Et très tôt il a eu à diriger beaucoup d’organisations comme l’association des jeunes étudiants entrepreneurs. Ceci lui a permis de relever plusieurs défis, de faire des voyages de découverte partout au Sénégal et au Maroc où il va chaque année avec des confrères pour partager leurs expériences avec d’autres jeunes entrepreneurs. « C’est après que nous nous sommes lancés dans entrepreneuriat agricole » précise-t-il.

Aujourd’hui, Mamadou est le directeur du projet agricole EXODUS FINSEN reconnu depuis 2011, qui s’est spécialisé dans la production maraîchère plus particulièrement dans la production de la pomme de terre. Mais aussi l’élevage et l’aviculture (poulets de chairs et pondeuses).

Si vous voulez vous épanouir dans votre travail, faites ce qui vous motive à quitter votre lit. 

 
 

Qu’est ce qui vous a poussé à entreprendre l’agriculture?

– M.B: J’ai très tôt su qu’il ne faut rien attendre des autres pour s’en sortir. J’ai grandi dans une grande famille; dès le bas âge mon grand-père m’a appris qu’il faut toujours se battre. Après l’obtention de mon diplôme, je suis resté deux ans au chômage, mais c’est après une discussion avec un oncle que j’ai compris qu’il faut entreprendre pour s’en sortir. Étant aussi l’aîné de la famille, je suis obligé de montrer l’exemple et aussi le soucis de vouloir participer au développement de notre très cher pays et surtout à l’autosuffisance alimentaire.

Et l’agriculture a toujours été une passion pour moi. On dit souvent si vous voulez vous épanouir dans votre travail faites ce qui vous motive à quitter votre lit.

 

Comment trouvez vous le fait que beaucoup de jeunes se tournent de plus en plus dans l’agriculture? C’est parce que les bureaux sont pleins ou c’est parce qu’il y’a vraiment des réelles opportunités?

– M.B: Les mentalités d’aujourd’hui des jeunes africains en général et sénégalais en particulier sont dans une logique de vouloir prendre soin de soi, surtout de ce que nous mangeons. Je pense qu’aujourd’hui si les jeunes se tournent vers l’agriculture c’est parce qu’elle offre beaucoup d’opportunités sur toute la chaîne. C’est un milieu qui peut engager beaucoup de personnes de différents métiers ( l’agronome, le comptable le commerçant, le marketeur, le logisticien, etc).
C’est un domaine que l’on doit développer dans notre pays. Le développement d’un pays ne se trouve jamais entre les 4 murs d’un bureau c’est toujours sur le terrain. Et pour se départir des importations excessives et avoir une indépendance financière, nous devons produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons. Et ça, seuls les jeunes d’aujourd’hui peuvent relever ce défi.

 

 

Quelles sont les difficultés qu’on peut rencontrez dans ce métier?

– M.B: Les difficultés sont énormes dans ce métier. D’abord nous ne maîtrisons pas l’offre des semences, on est confronté aux difficultés d’obtention de la bonne semence en temps et en qualité. Aussi aujourd’hui l’accès aux terres devient de plus en plus difficile. La quasi totalité des zones cultivables sont maintenant découpées en maisons d’habitation. Les étrangers viennent accaparer nos terres. La question la plus importante est le problème d’écoulement de nos produits après la production. Le marché n’est pas réglementé déjà, ensuite on est concurrencé par les indiens, le chinois…dans les marchés locaux. Je vous donne l’exemple des indiens qui produisent de la pomme de terre ici au Sénégal et concurrence avec les producteurs nationaux. Les accompagnements techniques j’en passe.

 

Et avec toutes ces difficultés, croyez vous que les jeunes entrepreneurs agricoles peuvent relevez le défis de l’autosuffisance en produits alimentaires quand on sait que la majeure partie des produits que nous consommons est importé?

– M.B: Exactement j’y crois. Mais à condition que l’Etat décide de soutenir les jeunes en mettant à leur disposition des terres, et de la bonne semence,  et surtout régulariser le marché. Aujourd’hui les jeunes de la capitale n’hésitent pas à aller dans les zones les plus reculées pour avoir de l’espace où produire. Quand on a une jeunesse engagée comme ça, il faut les mettre dans les meilleures conditions.

 

Quel est votre objectif dans le long terme ?

– M.B: C’est d’être le premier producteur de pomme de terre au Sénégal.

 

Quels conseils donnez vous aux jeunes qui veulent réussir dans l’entrepreneuriat agricole?

– M.B: D’abord je les encourage et leur dit de bien serrer la ceinture parce que c’est pas facile à cause de nos réalités sociales. Pour s’y lancer aussi il faut avoir la passion, la rigueur, l’endurance, et surtout de la formation.

 

 

kerkeri

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