Les autorités Sénégalaises ont entrepris une série de mesures visant à stopper l’émigration des jeunes. A Fimela, une localité située dans le département de Fatick, (région de Fatick) par exemple, les autorités s’appuyent sur le développement de nouvelles formes d’agriculture. En outre, le Sénégal, à travers l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (ANIDA) dispose des fermes familiales intégrées « naatangue » ou « tokkoor » de la modernité afin de résoudre la question de l’emploi des jeunes qui demeure actuellement la première priorité des ménages et des politiques publiques. 

La commune de Fimela qui compte, selon le Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (PEPAM) 16 875 personnes et 1 909 ménages et qui a pour activités principales la pêche, l’agriculture et l’élevage voit, à l’instar des autres contrées du Sénégal ses jeunes tenter l’émigration clandestine malgré ses potentialités. 

« La commune pratique l’agriculture maraichère, la pêche et même l’élevage. Là où il y a la pêche, il y a toujours le tourisme parce qu’il y a des hôtels, des campements donc il y a la ressource sur place. Sur cette base, nous avons conclu que les jeunes n’ont pas le droit de quitter le pays pour une destination inconnue », déclare Khassime Sène, maire de Fimela. 

Même si sa commune souffre de sa position géographique, sur le plan agricole, les autorités locales ont décidé de changer les pratiques car l’accès au foncier est souvent un casse-tête pour les jeunes. 

« Pour les retenir, il faudrait également essayer de trouver des canevas, des voies qui pourront nous permettre de fixer les jeunes. On a formé dans un premier temps 20 jeunes et pour chaque jeune, on lui a donné un hectare de terre et un puits sur cette terre. Quand tu formes un jeune et tu lui donnes un hectare, il faut l’aider à s’asseoir. Et comment l’aider à s’asseoir, en lui donnant des accessoires, des semences… A partir de là, ils pourront voler de leurs propres ailes. En tout c’est un test qui a réussi parce qu’il nous a permis de fixer les jeunes sur leur terroir », a confié le maire de Fimela.    

Toujours dans le cadre de la lutte contre l’émigration des jeunes, l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole a obtenu, dans le cadre du projet PACERSEN des Fonds de l’Agence espagnole de coopération internationale (AECID) afin de financer la réalisation d’infrastructures hydro agricoles à travers le pays et a l’intention d’utiliser une partie pour effectuer des paiements au titre du Marché N°: T_DEAI_039 portant sur des : «Travaux de réalisation de clôture, réseaux d’irrigation et bâtiments pour 11 fermes villageoises de productions végétales et animales et 2 fermes Waarwi», apprend d’un officiel d’ANIDA.

« L’Agence nationale d’insertion et de développement agricole sollicite des offres sous pli fermé de la part de candidats éligibles et répondant aux qualifications requises pour réaliser les travaux suivants : débroussaillage, fourniture et pose de clôture grillagée et de réseau d’irrigation et la construction de bâtiments d’élevage et d’annexes. Ces travaux sont regroupés sous les quatre (4) lots distincts et indivisibles suivants :

Lot 1 : débroussaillage, fourniture et pose réseau d’irrigation goutte à goutte et clôture grillagée pour 7 fermes villageoises de 15 ha, 1 ferme villageoise de 10 ha et 2 Waarwi dans les sites de : Bodoyel Abdou (Kolda), Sinthiane Koundara (Vélingara), Saré Yoro Bouca (Médina Yoro Foula), Dandone (Sédhiou) , Kandemba, Bona Syllacounda (Bounkiling), Birkama, Maka, Asmoun (Goudomp) ;

Lot 2 : débroussaillage, fourniture et pose réseau d’irrigation goutte à goutte et clôture grillagée pour 2 fermes villageoises dans les sites de : Sekhoto et Dialaya (Kédougou) ;

Lot 3 : construction de bâtiments, de magasins, d’étables et poulailler pour 7 fermes villageoises de 15 ha, 1 ferme villageoise de 10 ha et 2 Waarwi dans les sites de : Bodoyel Abdou (Kolda), Sinthiane Koundara (Vélingara), Saré Yoro Bouca (Médina Yoro Foula), Dandone (Sédhiou) , Kandemba, Bona Syllacounda (Bounkiling), Birkama, Maka,Asmoun (Goudomp);

Lot 4 : construction de bâtiments, magasins pour 2 fermes villageoises dans les sites de : Sekhoto et Dialaya (Kédougou) », détaille le document obtenu par VivAfrik.

L’ANIDA a aussi insisté sur l’importance de la place des exploitations familiales dans les systèmes de productions agricoles et l’intérêt de leur modernisation sachant que le terme « agriculture familiale » couvre des situations souvent très différentes mais avec certaines caractéristiques communes : taille réduite des exploitations, dépendance à la pluviométrie et faiblesse de la productivité. Selon les zones agroécologiques du pays, la grande majorité des exploitations agricoles familiales associent les cultures de rente aux cultures vivrières.

En un mot, « les multiples avantages des « Fermes Familiales Naatangué » en font des modèles d’exploitation intégrée qui peuvent contribuer significativement à la modernisation de l’agriculture familiale. Elles permettent le renforcement de la sécurité alimentaire, l’augmentation des revenus des agriculteurs et la redynamisation des activités en milieu rural. Elles constituent aussi un levier essentiel pour la fixation des populations dans leur terroir et la création d’emplois en milieu rural, notamment pour les femmes et les jeunes », conclut le document.

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