La toute première Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments (Jissa) a été célébrée le 7 juin 2019 dans le but de sensibiliser l’opinion publique et de l’inciter à agir pour prévenir, détecter et gérer les risques d’origine alimentaire, en contribuant ainsi à la sécurité alimentaire, à la santé, à la prospérité économique, à l’agriculture, ainsi qu’à l’accès aux marchés, au tourisme et au développement durable.

En Algérie, la sécurité alimentaire a connu des avancées significatives durant les deux dernières décennies, mais reste caractérisée par plusieurs fragilités liées, notamment, à la dépendance aux marchés extérieurs et au recours aux subventions publiques. Les résultats obtenus d’une étude réalisée par des chercheurs du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) à la demande du Programme alimentaire mondial (PAM), montrent que «l’amélioration de l’état général de la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle est soumise à de grands risques sur le plan de la durabilité». On peut considérer que plus de 90% des produits commercialisés répondent aux exigences et spécifications réglementaires.

La majorité des infractions sont liées aux règles d’hygiène et de salubrité. Les analyses effectuées en laboratoire ont démontré la présence de corps exogènes dans les épices, l’absence d’iode dans le sel alimentaire, la falsification des vinaigres, le déficit de l’extrait sec dans le lait pasteurisé partiellement écrémé, la présence de coliformes et coliformes fécaux dans les pâtisseries et la présence de germes dans les merguez.

Si les produits importés et ceux issus des industries alimentaires locales ont des origines décelables à travers leur étiquetage, il n’en va pas de même pour les produits frais, en particulier les viandes. Pourtant, le secteur agro-alimentaire mondial a été confronté à de nombreuses crises portant sur la sécurité des aliments et ayant été marquées par un impact médiatique important – la viande bovine (ESB), la présence de dioxines dans les volailles, la présence de Listéria dans des fromages, la grippe aviaire, les allergènes…
 

Si la législation en matière de sécurité sanitaire des aliments est assez complète, il est moins sûr qu’elle soit appliquée dans toute sa rigueur. Ainsi que le note un chercheur de l’université de Tlemcen, «malheureusement, en Algérie, ces normes (de sécurité sanitaire des aliments) peinent à se mettre en place». Quatre raisons expliquent l’application plus ou moins défaillante de ces règlements. Pour les entreprises agroalimentaires algériennes, généralement de petite et moyenne tailles, l’installation et le fonctionnement de systèmes de management de la sécurité des aliments sont onéreux.

 

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