FONDÉE PAR DEUX JEUNES COMPÉTENCES MAROCAINES, SOWIT AMBITIONNE DE DÉMOCRATISER L’ACCÈS AUX SERVICES DE L’AGRICULTURE DE PRÉCISION AU MAROC ET EN AFRIQUE. LA JEUNE POUSSE A DÉJÀ COMMENCÉ LA COMMERCIALISATION DE SES SERVICES, MAIS TABLE SUR UNE LEVÉE DE FONDS DE 5 MDH POUR ACCÉLÉRER SON DÉVELOPPEMENT.

Démocratiser les services de l’agriculture de précision en Afrique. Telle est la grande ambition de Sowit, une start-up fondée, il y a plus d’un an, par deux jeunes compétences marocaines sensibles aux problématiques agricoles en Afrique.

«Je suis à la fois financier et agronome de formation et agriculteur. Mon associé est spécialiste des systèmes embarqués. Notre troisième collègue, qui vient de nous rejoindre, est quant à elle agronome. C’est pour vous dire que nous avons la connaissance transversale du métier et du terrain», indique Hamza Rkha Chaham, co-fondateur de Sowit, qui était en charge du développement international d’Airinov, leader français du drone français, avant d’entamer son aventure entrepreneuriale.
Demeurant pour l’instant l’apanage de quelques grandes exploitations agricoles au Maroc et en Afrique, l’agriculture de précision permet une meilleure optimisation des rendements et des investissements, en recourant aux nouvelles technologies (cf www.lavieeco.com : les drones encore peu sollicités dans l’agriculture marocaine). En clair, il s’agit d’une méthode consistant à appliquer des traitements au bon endroit et au bon moment.
Chez Sowit, l’offre – en cours de développement – se décline en deux types d’outils d’aides à la décision. Les premiers sont de natures génériques et à valeur informative (météo, prix du marché selon les cultures, tendances anticipées) tandis que les seconds sont personnalisés selon la localisation des champs, le type de culture,l’itinéraire technique et les objectifs de l’agriculteur : conseils pour la fertilisation, l’irrigation.

La jeune pousse fabrique elle-même ses drones en France

Comment ça marche concrètement? «Les données sont récoltées principalement grâce à trois vecteurs d’information différents : des prélèvements du terrain à divers endroits, des images satellites, et une récolte des images via drones», rétorque le jeune entrepreneur, lauréat de HEC Paris. Ensuite, Sowit analyse les données récoltées et fournit à l’agriculteur – via SMS et application – une analyse détaillée de l’état de ses cultures et des informations en temps réel.
L’abonnement annuel se situe dans une fourchette allant de 100 à 300 DH par hectare. «Nous avons déjà commercialisé nos services auprès d’agriculteurs et d’agro-industriels au Maroc et au Sénégal, et dans d’autres pays du continent, pour une recette de près de 700000 DH, ce qui nous a permis de s’autofinancer jusqu’à maintenant», confie Hamza Rkha, pour qui l’objectif est de baisser encore les prix sous la barre de 50 DH.

Afin d’accélérer son développement et amorcer son décollage, Sowit aura besoin dans les mois à venir d’un minimum de 5 MDH pour pouvoir renforcer sa capacité technique et son outil de production. A la différence des rares opérateurs sur le marché marocain, la jeune pousse fabrique elle-même ses drones en France pour qu’ils soient adaptés aux besoins et à la législation locale. Autre particularité : les services proposés par Sowit ne se basent que partiellement sur les drones, du fait qu’ils sont considérés comme outil de vérification. Un modèle qui permet d’éviter les restrictions administratives sur le vol de drones ; une opération qui nécessite le feu vert d’une commission après plusieurs semaines d’attente. A en croire notre interlocuteur, Sowit va recourir aux services des satellites Mohammed VI via le Centre royal de télédétection spatiale (CRTS) qui est habilité à commercialiser les images satellites auprès des opérateurs privés et publics.

Beaucoup d’équations à résoudre à l’échelle continentale

A l’échelle africaine, la start-up a déjà tissé sa toile en nouant des partenariats avec des entreprises, des ONG et des institutions internationales, opérant dans le secteur agricole et le développement durable. Boom démographique à l’horizon 2050, faiblesse chronique des rendements, terres arables abondantes, développement des télécoms, impératif de durabilité…, sont autant de faits africains auxquels sont très sensibles les co-fondateurs de Sowit et autour desquels la start-up développe son argumentaire. D’ailleurs, Hamza Rkha – à l’époque où il était encore collaborateur d’Airinov – a co-rédigé avec Giacomo Rambaldi, du Centre technique d’assistance agricole et rurale (CRTAR -), un rapport adressé à l’Union Africaine. Mieux, les deux fondateurs s’invitent souvent dans des conférences et des événements académiques pour communiquer sur l’impact positif de la télédétection dans le secteur agricole. Une démarche qu’ils estiment payante, afin de stimuler la demande.

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