Partout dans le monde, de plus en plus de jeunes se détournent de l’agriculture. Avec ses travaux manuels pénibles et ses faibles salaires, l’agriculture traditionnelle n’attire pas les nouvelles générations qui préfèrent généralement tenter leur chance à la ville pour trouver un emploi. L’agriculture est pourtant le secteur qui offre le plus de potentiel pour réduire la pauvreté, par exemple en Afrique subsaharienne où plus de soixante pour cent de la population, estimée à 1,2 milliard d’habitants, est âgée de moins de 25 ans. Cette population toujours plus nombreuse de jeunes a besoin d’un emploi rémunérateur, ce que le secteur de l’alimentation et de l’agriculture est en mesure de leur offrir, même s’il doit pour cela être repensé. L’innovation est la clé. Il existe déjà de nouvelles manières de travailler dans l’agriculture qui exploitent les innovations numériques et technologiques en la rendant  plus efficace et en offrant, à la différence d’un sous-produit mineur, de nouvelles possibilités et de nouveaux services aux jeunes entrepreneurs. Voici 5 exemples montrant comment l’utilisation de la technologie numérique peut révolutionner l’agriculture.

 

 

Investiv: la Startup Qui Vous Aide à Mieux Gérer Votre Parcelle Agricole

Pour mieux planifier et organiser les plantations des agriculteurs, Investiv propose une méthode révolutionnaire. Il s’agit du diagnostic des parcelles agricoles. A l’aide de drones équipés de capteurs, un pilote technicien agricole survole les plantations pour faire une cartographie du terrain des agriculteurs. L’équipe identifie ainsi les zones les moins fertiles et les moins hydratées afin de faire un traitement phytosanitaire et un épandage d’engrais plus précis. Conséquence directe : les producteurs gaspillent moins d’intrants et ciblent mieux les traitements nécessaires pour leur terre. Au-delà de l’économie réalisée par les agriculteurs, la réduction de la quantité d’engrais épandue sur les terrains a un impact environnemental positif.

De plus Investiv propose une solution intégrée en fournissant des intrants convenant à chaque type de terrain diagnostiqué 20% moins chers que les prix du marché. C’est une double économie pour le planteur. Troisièmement, grâce à des partenariats tissés avec plusieurs transformateurs et grossistes, l’entreprise aide les agriculteurs à revendre certains types de productions agricoles. Ils font le lien entre les producteurs et les gros consommateurs. Ils assistent les propriétaires de plantations en trois étapes allant de la gestion de leur parcelle à l’écoulement de leurs produits. Aujourd’hui Investiv est une équipe de 6 membres permanents et embauche quelques stagiaires et techniciens à l’occasion mais Aboubacar Karim à travers l’entreprise compte créer de l’emploi dans les milieux ruraux en recrutant et en formant des techniciens agricoles dans chaque zone d’intervention. Grâce aux outils de fonctionnement de son entreprise, il espère changer la vision des jeunes vis-à-vis de l’agriculture. ‘’Je veux faire comprendre aux jeunes qu’aujourd’hui tu n’es pas obligé de prendre la daba pour aller au champ. Tu peux prendre un drone pour pulvériser une parcelle, tu peux être télépilote spécialisé en Agriculture, tu peux faire de l’imagerie en agriculture …’’. Ensuite grâce à l’assistance apportée aux cultivateurs, la start up contribue à diminuer les pertes et à augmenter la production. L’un des impacts directs est l’approvisionnement continu en matières premières pour les structures de transformation. ‘’En Afrique les gens pensent transformation et ne pensent pas production alors que nous n’avons pas des rendements assez élevés pour approvisionner une transformation continue’’. Ainsi, non seulement le secteur agricole connaîtra un essor, mais le secteur industriel aussi car désormais les usines auront de quoi fonctionner à régime constant.

  

« Tolbi », une technologie destinée à faciliter l’irrigation des champs et à améliorer les rendements agricoles

 

Un groupe d’élèves-ingénieurs de l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar a mis au point «Tolbi», un dispositif technologique qui se veut comme solution face aux difficultés des agriculteurs locaux. Il est destiné à aider ces derniers à disposer en temps réel des informations relatives aux besoins en eau de leurs champs afin de faciliter leur irrigation et d’améliorer leurs rendements.

« Tolbi » est une technologie du domaine des objets connectés qui va certainement faire le bonheur des acteurs de la filière agricole. L’un de ses principaux atouts est qu’il est facile à utiliser et ce d’autant plus qu’il est destiné à une population dont la plupart ne sait ni lire ni écrire. Son utilisateur n’a pas besoin d’avoir un smartphone, une application ou d’être connecté à l’internet pour faire fonctionner le matériel. Avec un simple téléphone équipé d’une carte SIM, il peut piloter à distance le dispositif et recueillir des infos qu’il souhaite avoir.

«Pour accéder à toutes les informations relatives aux besoins de son champ, il suffit juste à l’agriculteur de composer le numéro du dispositif et une voix lui demande en wolof en ces termes : ‘’si vous voulez connaître la quantité d’eau que votre champ a besoin actuellement, appuyez sur la touche, pour l’engrais appuyez sur la touche 2’’ », explique l’élève-ingénieur Mouhamadou Lamine KEBE, l’un des initiateurs du projet, qui révèle également que son équipe est en train redoubler d’efforts afin d’intégrer d’autres langues locales dans le dispositif.

Ainsi, selon lui, en appuyant sur une touche indiquée, le dispositif, via ses capteurs et grâce à la technologie SIMKA qu’ils ont développé eux-mêmes, enclenche automatiquement le processus de recueil de données relatives à la requête indiquée et en quelques secondes il fournit au producteur les infos demandées.

Cet équipement matérialise la volonté de ces jeunes férus de technologies de contribuer au développement de l’agriculture sénégalaise qui représente 16% du PIB national. C’est pourquoi face aux contraintes climatiques, techniques mais aussi managériales auxquelles sont confrontées nos producteurs locaux et qui sont à l’origine de la faiblesse des rendements, ces élèves-ingénieurs ne pouvaient rester les bras croisés.

 

 

Widim pompe : Une application révolutionnaire de la télé-irrigation

 

Une équipe de jeunes basée à Gueule-Tapée, un quartier de la ville de Dakar (Sénégal) comptent révolutionner l’usage des solutions numériques au service de l’agriculture en Afrique. Ils ont créés une application de télé-irrigation, Widim pompe (WP) destinée aux agriculteurs ruraux.

Elle permet de connecter l’agriculteur à sa pompe, d’ optimiser l’utilisation des produits phytosanitaires et fertilisants avec la possibilité d’avoir le bilan de sa consommation en eau et énergie, grâce à un SMS.

Pour Oumar Basse, co-fondateur et directeur de Nano Air à Dakar :  « l’agriculteur à travers un SMS peut contrôler à distance sa pompe et économiser en temps. Il n’a pas besoin de marcher des kilomètres et également en cas d’intrusion, il est notifié ».

« Il s’agit d’un dispositif modulable avec possibilité d’ajouter d’autres composants pour l’automatisation complète de beaucoup de tâches agricoles avec la collecte de données sur le sol , les plantes (humidité, PH, stresse des plantes »  a-t-il souligné.

Cette technologie ayant été testé au Sénégal avec succès, les promoteurs comptent le vulgariser dans les autres pays de la sous-région et même partout ailleurs en Afrique. La « Télé-Irrigation » ou irrigation à distance se révèle être un procédé technologique qui permet à un agriculteur de piloter à distance le système d’irrigation de son exploitation agricole en temps réel grâce aux nouvelles technologies. Le concept est entrain de gagner du terrain en Afrique.

Faisant un ‘bien fou’ aux paysans qui l’utilisent, elle leur permet d’économiser en temps mais aussi en argent.
« Jadis, ces deniers étaient obligés de marcher des kilomètres ou de payer des pompistes pour assurer l’irrigation de leurs champs », se rappelle Oumar

Afin de mieux irriguer et d’économiser en moyenne 30 m³ et 30 kwa d’électricité par mois, les paysans doivent faire recours à ce système qui vient à point nommé révolutionné le secteur de l’agro-technologie qui possède un énorme potentiel à ne pas négliger.

  

Mlouma, une plate-forme qui connecte agriculteurs et acheteurs sénégalais

 

 

 

Comment permettre à l’agriculteur d’une ville reculée du Sénégal de vendre sa récolte aux Dakarois à meilleur prix? C’est à cette question qu’essaye de répondre Mlouma, une startup sénégalaise lauréate du Challenge API en 2014.

 

MLOUMAfonctionne comme une bourse agricole virtuelle connectant les paysans aux clients et consommateurs potentiels afin de leur permettre de mieux vendre leurs productions. Concrètement, l’entreprise fondée par Aboubacar Sidy Sonko propose une alternative aux intermédiaires onéreux qui transportaient les vivres vers la capitale.

Le principe est simple. Lorsqu’un produit spécifique est affiché en ligne, les acheteurs potentiels sont prévenus par alertes SMS. Ils peuvent alors passer un ordre d’achat via leur téléphone portable.

Il existe deux façons de faire. L’offre peut être mise en ligne par le paysan directement. S’il n’en a pas la possibilité, il peut aussi se faire assister par des personnes physiques via un centre d’appel pour réaliser les achats et/ou ventes de produits. Ce service permet de prendre en compte les clients qui ne sont pas instruits.

 

L’application Daral : La technologie au service de l’élevage

 

 

Une application technologique dénommée Daral est mise à la disposition des éleveurs sénégalais. Elle est composée de deux plateformes Web et SMS, toutes deux communiquant avec une base de données centralisée.

Mettre à profit la technologie pour lutter contre le vol de bétail et l’expansion des épizooties, c’est le pari de la nouvelle application Daral. Amadou Sow, initiateur du projet, a mis au point cette plateforme grâce à l’appui du Ministère de l’Elevage, du Ministère des Télécommunications, de l’organisation Coders 4 Africa et de Microsoft. La phase pilote de déploiement du projet Daral est lancée, le mardi 28 janvier 2014 à Passy. L’application est composée de deux plateformes Web et SMS communiquant avec une base de données centralisée. Une interface web qui permet la collecte et la visualisation des données relatives aux éleveurs et à leur cheptel. Ensuite, celle mobile (SMS) offrant aux éleveurs l’opportunité d’interagir avec les vétérinaires et les agents de leur localité, en cas d’alerte épidémiologique ou de vol de bétail. Ces initiateurs prévoient en outre, un module appelé « Médiathèque » pour la sensibilisation à travers des vidéos réalisées avec les éleveurs eux-mêmes, en langue locale sur les principales maladies. Selon Mme Seynabou Ndoye Sène, Responsable de la Citoyenneté et du programme Partner in Learning à Microsoft West and Central Africa, « […] Ce projet est innovant dans la mesure où il donne accès à la technologie dans un domaine rural et informel. En plus, grâce à Daral, l’Etat sénégalais disposera d’un outil de données statistiques fiables qui lui permettra de mieux gérer ce secteur et mieux planifier les actions telles que les campagnes de vaccination ». 

 

 

 

 

 

 

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