« Le vrai progrès, c’est une tradition qui se prolonge », disait Michel Crépeau, l’ancien Garde des Sceaux et Ministre de la Justice de la cinquième République française.  Alors rien ne sert de ranger aux oubliettes, surtout en Afrique, le legs de nos ancêtres si cet héritage continue de perpétuer ce que la communauté africaine considère comme étant  la substance qui solidifie nos liens et huile nos rapports sociaux : la solidarité.

Un mot qui ne constituait pas seulement un terme de référence pour une bonne cohésion sociale, mais il était également transposé dans les domaines d’activités n’épargnant même pas ceux qui permettaient à la communauté d’avoir une bonne rentabilité économique. L’agriculture en constitue un et demeure l’exemple le plus illustratif dans la mesure où les champs étaient un espace où l’effort et l’énergie servaient de cadre d’expression à la bonne convivialité à l’intérieur d’une communauté, et où le courage du travail individuel n’excluait pas la générosité du partage collectif dans les exploitations agricoles. Le concept « bayseddo »,  qui est la contraction de deux mots en wolof « bay » qui signifie « cultiver »et « seddo » qui veut dire « partage », prend tout son sens. En effet, c’est une pratique culturale dans l’agriculture traditionnelle qui permettait à plusieurs producteurs de partager un même champ, chacun apportant ce qu’il a comme moyen pour faciliter une bonne production (soit la terre, soit les matériels techniques, ou soit  l’argent pour l’achat des semences et engrais chimiques…). A la fin de la récolte, se procédait le partage des rendements avec chacun un pourcentage qui coïncidait à son apport pour la culture.

Une pratique noble qui avait pour objectif de ne pas lever le rideau qui cachait les inégalités sociales dans les collectivités. Mais surtout, le BAYSEDDO était loin d’encourager la facilité ou bien la passivité de ceux qui n’avaient pas tous les moyens pour cultiver, car, le travail dans les champs n’épargnait aucune partie pour les concernés. Un moyen efficace qui endiguait le flot de la pauvreté, sachant que la majeure partie de la population rurale vivait et continue de vivre des dividendes financières comme alimentaires de l’agriculture.

Aujourd’hui, cette pratique culturale rivalise avec le temps même si la solidarité entre les hommes s’étiole à cause de la progression de l’individualisme. En effet, le développement des Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication sert de terreau pour connecter les multiples agriculteurs qui disposent des terres et manquent de moyens financiers, aux opérateurs économiques et aux investisseurs nationaux comme internationaux. Un BAYSEDDO 2.0 que l’entreprise BIO-AGRIPOLE, initiée par l’ingénieur agronome Thierno Souleymane Agne, a aujourd’hui mis sur place. Quand bien même cette méthode ne se fait pas seulement entre producteurs, BAYSEDDO 2.0 « permet le développement du milieu rural » à travers « une répartition gagnant-gagnant des dividendes » aux investisseurs, aux agriculteurs et à la plateforme BAYSEDDO. Une preuve que l’agriculture traditionnelle ne peut être que  la continuité de l’agriculture moderne.

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