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La modernisation de l’agriculture et ses conséquences
D’OÙ vient votre nourriture ? Du magasin ou de votre jardin ? Il n’y a pas si longtemps, la plupart des gens pratiquaient l’agriculture de subsistance, c’est-à-dire qu’ils produisaient eux-mêmes leur nourriture. Aujourd’hui, dans certains pays industrialisés, seulement 2 % de la population travaille dans l’agriculture. Comment ce changement a-t-il eu lieu ?
L’augmentation de la rentabilité a commencé doucement, puis s’est accélérée. Chaque progrès a bouleversé la vie de millions de familles, et cela continue sur toute la terre. Un bref examen des conséquences de la modernisation de l’agriculture sur les hommes peut vous aider à mieux comprendre le monde actuel.
L’agriculture scientifique apporte d’autres changements
Vers 1850, certaines nations étaient suffisamment prospères pour financer des recherches agronomiques. L’étude scientifique de l’agriculture n’a cessé d’entraîner des changements. Par exemple, les sélectionneurs ont étudié la génétique et mis au point des plantes ayant un meilleur rendement ou une meilleure résistance aux maladies. Des chercheurs ont aussi calculé le dosage précis en nitrates et en phosphates adapté à chaque type de culture et de sol. Le sarclage des mauvaises herbes occupait les ouvriers agricoles jusqu’aux récoltes. Mais beaucoup d’entre eux ont perdu leur travail quand des scientifiques ont élaboré des désherbants qui ralentissent la pousse des mauvaises herbes. Les vers et les insectes, comme les charançons, sont aussi de vieux ennemis des cultivateurs. Cependant, ces derniers peuvent à présent choisir parmi un arsenal de produits chimiques pour lutter contre presque tous les nuisibles*.
La vie des éleveurs a changé, elle aussi. Grâce aux trayeuses mécaniques et aux mangeoires automatiques, un éleveur et son aide arrivent à s’occuper de 200 vaches. Il est également possible d’engraisser les veaux et les porcs plus vite en les élevant dans des hangars, et non plus en plein air, ce qui permet de surveiller leur température et de gérer leur alimentation.
Les résultats de l’agriculture scientifique ont souvent été spectaculaires. En comparaison avec la période préindustrielle, certains cultivateurs ont multiplié par cent, voire par mille, le rendement par ouvrier. Quelles conséquences ces changements ont-ils eues sur la vie des agriculteurs ?
Une vie différente
En de nombreux endroits, les machines ont transformé la vie des agriculteurs et de leurs ouvriers. La plupart d’entre eux doivent maintenant savoir utiliser et entretenir des machines sophistiquées. De plus en plus, ils travaillent seuls. Adieu la camaraderie qui régnait quand on semait, sarclait et moissonnait ensemble.
L’agriculteur d’aujourd’hui est bien souvent un homme d’affaires très instruit, spécialisé dans la production de masse de quelques produits, parfois même d’un seul. Il a énormément investi dans des terres, des bâtiments et des machines. Pourtant, il est loin d’être indépendant. Les géants de l’agroalimentaire et les grandes surfaces lui imposent non seulement le prix, mais aussi la variété, la taille et la couleur de ses produits. Des ingénieurs agronomes conçoivent son système de production, et des entreprises spécialisées lui fournissent les engrais, les pesticides et les semences hybrides dont il a précisément besoin. On est bien loin des méthodes de ses pères ! Mais sa vie n’est pas plus facile pour autant et les éventuels effets nocifs de certaines techniques en inquiètent plus d’un.
L’agriculture toujours en crise
Dans les pays nantis, des agriculteurs perdent encore leurs terres parce qu’ils ne peuvent concurrencer les grosses exploitations. Certains, par attachement à leur métier, se diversifient dans l’hébergement touristique, les loisirs — camping, golf — ou l’artisanat pour parvenir à subsister. D’autres se spécialisent dans les produits biologiques, les fleurs, les autruches, les lamas, etc.
Dans les pays pauvres, où près de 80 % de la population vit du travail de la terre, beaucoup d’agriculteurs subissent eux aussi des bouleversements. Des multinationales s’emparent des meilleures terres pour y pratiquer une culture intensive destinée à l’exportation. Avec peu ou pas de machines, les petits agriculteurs travaillent souvent des parcelles stériles ou minuscules pour nourrir leurs familles.
L’exode rural qui se produit dans de nombreux pays résulte d’un processus enclenché il y a des siècles. Aujourd’hui encore, ce passage d’une civilisation agricole à une civilisation urbaine réussit à certains et en pénalise d’autres. Peu de gouvernements apportent une aide efficace et compatissante à ceux qui souffrent de cette situation. Assurément, l’humanité a besoin du Royaume de Dieu, qui rendra la vie meilleure !
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