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M. Idrissa Diabira, directeur général de l’Adepme : l’agroalimentaire ou l’industrie agroalimentaire est essentiel pour un pays qui s’appuie sur l’agriculture et elle représente 1/3de l’industrie globale du Sénégal. Quelle est la mission de l’ADEPME?
L’ ADEPME a pour mission d’encadrer et d’appuyer le développement des PME au Sénégal. Elle a deux grandes fonctions : l’une consiste à créer de nouvelles entreprises et de faire en sorte que les entreprises répondent aux défis posés par le secteur. Quant à la seconde fonction, elle permet de renforcer la compétitivité de l’ entreprise, car une fois créée, il faut qu’elle existe, qu’elle vive et grandisse. Elle exécute des marchés intérieurs, des marchés publics, et des marchés d’export. Toutes les entreprises bénéficient du soutien de l’État.
Qu’en est-il de la situation des entreprises au Sénégal?
L’agroalimentaire ou l’industrie agroalimentaire est essentiel pour un pays qui s’appuie sur l’agriculture, l’industrie, de manière générale, est quelque chose de fondamentale et l’industrie agroalimentaire représente 1/3 de l’industrie globale du Sénégal. La grande mission qui nous est confiée, à savoir la formation, le conseil, l’accompagnement sont les différents outils dont dispose l’ADEPME, y compris les subventions qui permettent à des entreprises d’accéder aux différents services dont ils ont besoin et l’aide accordée aux chefs d’entreprise pour leur formation et le développement de leurs services ou produits. Ceci permet aux entreprises existantes, qui peuvent justifier au moins d’une année financière, de bénéficier de subventions allant jusqu’à 70 à 90%, pour les entreprises à l’intérieur du pays.
Qu’est-ce que l’ADEPME peut apporter à ces petites et moyennes entreprises?
L’ADEPME apporte d’abord du conseil et je pense qu’il y a de grands défis de structuration qui interpellent les entreprises notamment par rapport à leur marché et surtout par rapport à l’identification de leurs forces et faiblesses. Et c’est aussi important pour une entreprise qui existe déjà, de savoir bien se positionner, de savoir où est ce qu’elle veut aller, de connaître les marchés qui peuvent lui être disponibles et comment y accéder. Par exemple une structure comme APROVAC rencontrée il y a quelques semaines à Tambacounda lors d’un panel, a des besoins en matière de stockage, de transport pour accéder à des marchés extérieurs. En gros ils ont besoin de soutien et d’assistance. Ce sont ces types de services qui peuvent leur être apportés. Globalement on les aide à mieux se former, et ce sont les outils dont on dispose et sur lesquels on se base pour accompagner les PME.
Est-ce que les PME portent souvent leurs choix sur l’agroalimentaire ?
Le secteur agroalimentaire est extrêmement porteur. C’est quasiment l’un des secteurs les plus dynamiques que l’on peut avoir. C’est aussi le cas du sous-secteur de l’horticulture de manière générale. Au début des années 2000, on avait 1000 tonnes qui étaient exportées alors qu’aujourd’hui on est loin des 100 mille tonnes. En 2010, on avait 30mille tonnes et 2014 on était à 40mille tonnes. Cela montre qu’il y a une évolution nationale voire mondiale absolument énorme sur la question. Donc, le défi qu’on a, est celui de la mise en valeur de nos terres et de la maitrise de l’eau. Mais le Sénégal est positionné par rapport au monde de manière idéale. Et d’énormes spéculations peuvent se faire dans le domaine fruitier tel que la mangue entre autres….Par ailleurs, dans le domaine du maraîchage avec le Bongo au niveau de la vallée du Sénégal et sur le fleuve Gambie avec la culture de la patate douce, l’oignon. Ce qui signifie qu’il y a une potentialité extraordinaire au Sénégal , d’où l’opportunité de se positionner dans ce secteur tant au niveau de la production mais aussi au niveau de sa transformation et de la valorisation de ce que l’on est en mesure de produire présentement et dans l’avenir.
Est -ce que vous avez des partenaires qui vous accompagnent à atteindre vos objectifs ?
Nous travaillons beaucoup avec l’Institut Technologie Alimentaire (I.T.A), et avec l’ensemble des structures, des dispositifs d’accompagnement, parce que l’ADEPME n’est pas seul de manière générale dans ses actions. En ce sens, il existe des programmes mangue, oignon et d’un autre coté, l’élevage. On a appuyé aussi le développement de la tomate, de sa transformation car ce sont des secteurs prometteurs. Sur le plan national, c’est un défi qu’on a commencé très longtemps à relever grâce à des actions menées au travers d’un réseau Sénégal -PME, parce que l’ADEPME seul ne peut pas agir de la manière la plus pertinente sans l’I.T.A pour l’agroalimentaire ; l’ANIDA pour l’agriculture et sans les programmes sectoriels comme le PUDC y compris les banques comme la CNCAS. Ceci pour dire qu’il y a beaucoup d’interventions spécifiques dans ce secteur. Ainsi, relever ce défi demande de la synergie et c’est ce qu’on a mis en œuvre ces derniers temps afin de distinguer l’implication de l’ADEPME dans chaque programme qui a traditionnellement eu pour mission générale, de répondre à la demande qui fait partie du secteur prioritaire du plan Sénégal émergent où il y a d’énormes potentialités agroalimentaires. De plus, nous travaillons avec l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations(ASEPEX), pour maintenir les outils qu’on a en matière d’ouverture dans le marché extérieur, sans oublier les dispositifs de garantie que nous mettons en place pour faciliter le financement avec le FONJIP, pour mettre au défi les acteurs bancaires qui financent quelques PME en faisant valoir leurs états financiers.
Est ce qu’ il y a des programmes mis en place par l’ADEPME pour accompagner l’entreprenariat féminin et celui des jeunes ?
Pas spécifiquement, mais on collabore avec des structures dédiés aux jeunes tel que l’ANPEJ. On a des dispositifs qui favorisent la jeunesse en les appuyant dans les concours de business plan et sans oublier qu’il y a des réalités. 37% des marchés publics vont à la PME. Et actuellement on connait le portefeuille des banques en direction des PME. Alors on doit faire de sorte que les PME s’engagent car on doit augmenter les parts de financement en diminuant drastiquement les crédits en souffrance.
Propos recueillis par Alioune Sarr / Decembre 2017.
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