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La culture du riz occupe une place importante dans l’activité agricole sénégalaise. Le riz constitue l’aliment de base de la population, d’autant plus que le Sénégal représente l’un des plus gros consommateurs de riz en Afrique de l’ouest avec une consommation d’environ 90 kg de riz par habitant. Cependant, la demande nationale en riz est essentiellement couverte par les importations qui atteignent environ 700000 à 800000 tonnes par an en dépit du fait que le riz local connaisse depuis quelques années un fort développement. Les prix bas sur le marché international et les difficultés de commercialisation de la production nationale ont longtemps limité la compétitivité du riz local alors que le Sénégal est un pays qui présente plusieurs atouts par rapport à la culture du riz. Effectivement, le Sénégal est doté d’immenses étendues de terres propices à la culture du riz encore inexploitées dans la vallée du fleuve Sénégal et dans la région de la Casamance, avec des quantités suffisantes en eau pour la riziculture irriguée dans la vallée et une pluviométrie suffisante pour la riziculture pluviale en Casamance. En plus de ces atouts, trois types de riziculture sont pratiqués au Sénégal (irriguée, de bas-fonds et la pluviale) avec un savoir-faire appréciable des riziculteurs Sénégalais pouvant contribuer à une production rizicole adéquate. Malgré cela, la production nationale de riz ne permet de couvrir qu’entre 20 et 30 % de la demande nationale. Cette dépendance de l’extérieur pour une denrée alimentaire de base aussi stratégique demeure depuis le début des années 2000 une préoccupation majeure. Pour faire face à cette situation, le gouvernement sénégalais a mis en place en 2008, le Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR) constituant un programme qui s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté définie dans le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté II (DSRP II) de même que la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA) initiée dans la même logique. Ces efforts ont certes apportés des avantages dans la filière riz mais le problème d’autosuffisance reste omniprésent. De plus, de nombreuses contraintes sont rencontrées dans ce secteur telles que les unités de transformation vétustes altérant la qualité du riz au décorticage, la difficulté de commercialisation du riz local qui sort des rizeries à cause de la mauvaise qualité, le Faible niveau d’utilisation d’engrais minéraux et de semences de qualité ou encore la difficulté d’accès aux intrants à temps etc. Ainsi, vu l’importance de la consommation du riz au Sénégal et des nombreux atouts dont dispose le pays par rapport à la riziculture, il est primordiale de revaloriser le riz local et d’essayer de trouver les alternatives nécessaires pour le rendre de meilleure qualité afin de pouvoir prétendre à une autosuffisance nationale et par conséquent remédier à l’importation qui ne cesse d’impacter négativement sur l’économie du pays.
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